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 Nouvelle pour un concours, thème : la Saint-Valentin

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LadyRose
Tempête
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MessageSujet: Nouvelle pour un concours, thème : la Saint-Valentin   Dim 6 Mai - 9:08

Pour commenter : http://www.brisedesmots.com/t333-nouvelle-pour-un-concours-theme-la-saint-valentin#8863

Une fin d’après-midi calme. Grise, très grise, par contre. Mais bon, mes pensées n’allaient pas vraiment vers le temps qu’il faisait. En fait j’étais plutôt entrain de songer à mon amant-soleil. « Soleil » parce qu’il éclaire mon cœur lorsqu’il est à mes côtés.

Mais en cet instant il était absent. C’était tragique en un sens parce que c’était également une après-midi de Saint-Valentin. J’étais triste mais je sentais toute la puissance inutile qu’auraient eu mes larmes si j’avais pleuré, alors je me contentais de regarder le paysage extérieur par la fenêtre, les bras croisés.

Seule comme ça à regarder la rue je me sentais catherinette. D’un seul élan je me retournais, empoignais mon raglan et le boutonnais tout en dévalant l’escalier en colimaçon. J’avais tout de même pris le temps de saisir son écharpe, la bleue, qu’il m’avait abandonné au bout d’une énième demande de ma part.

Contrairement au petit studio la rue était un capharnaüm. Et puis elle était longue, très longue. Je n’avais pas vraiment d’endroit précis à visiter alors je jugeais raisonnable de continuer tout droit vers ma gauche. J’avais soudainement l’impression d’assister à une baisse démographique du taux de célibataires : à gauche des couples, à droite des couples. Devant moi pareil, et je ne prenais même pas la peine de tourner la tête pour regarder dans mon dos.

Je tournais subitement à un angle pour atterrir dans une rue plus étroite. Certainement que je n’avais pas tourné par hasard. Cette petite rue pittoresque - pavage irrégulier, boutiques insolites et architecture survivante du massacre haussmannien - je la connaissais bien. Lui et moi nous nous y rendions souvent.

Quelqu’un avait placé une guirlande rosâtre entre chaque côté de la rue. Toutes les vitrines brillaient, sans exception. Je passais près de l’émailleur et les minéraux me saluèrent en réfléchissant la lumière sur leur surface polie. La même chose arriva chez l’ébéniste où les meubles laqués semblèrent me prêter attention. Ma boutique favorite, l’antiquaire, était remplie de monde contrairement à d’habitude.

Devant moi un couple arriva face à une rangée de plots et dût se scinder. Mais, même à un mètre l’un de l’autre et dans une position inconfortable, ils se tenaient la main dans les airs et se jetaient des coups d’œil en souriant.

L’amertume m’envahit et je baissais les yeux vers les pavés. J’étais certaine que s’il avait été là ce couple s’aurait été nous. Je relevais la tête et regardais Arlequin et Colombine roucouler. Qu’ils avaient l’air stupide (je souris à cette pensée) mais qu’ils avaient également l’air heureux (mon sourire tomba de mon visage et continua sa chute jusque dans le caniveau, me sembla-t-il).

Et puis une odeur de barbe à papa, de sucreries et de fumée de cigarette vint jusqu’à mes narines. La ruelle que j’avais parcouru débouchait à présent sur une place. Pour la fête on y avait par magie élevé un carrousel. C’était le genre de choses que j’aimais par-dessus tout et je savais qu’il m’aurait proposé un tour s’il avait été présent. Dès qu’il aurait vu le manège il aurait guetté la petite bulle de lumière dans mes yeux et aurait accompli mon désir avant que je le formule. Je ne raconte pas n’importe quoi, c’est le genre de choses que l’on sent.

Je m’aventurais dans un chemin de l’autre côté de la place. Cette fois je savais ce que je voulais faire et où aller : au grand escalier. En un instant j’étais face à lui et je commençais à le grimper en courant. Je me sentais un désir d’échapper au festivités. C’était un peu comme si je m’étais rendue à une fête où je ne connaissait personne et où je n’avais rien à faire.

En haut des escaliers se trouvait une autre place, gigantesque celle-ci. Il y avait des couples, mais beaucoup moins qu’en bas, sur Terre. J’avais l’impression, non pas d’être au Ciel car je voyais les nuages au-dessus de moi, mais j’avais la sensation d’être le vent au fur et à mesure que celui-ci me poussait par ses rafales.

Au bout d’un certain temps, je suis rentrée dans l’immense basilique. Pour moi la colline était un diadème et la basilique son joyaux central. A l’intérieur il y avait encore moins de monde. Les seules personnes qui étaient là se regroupaient autour des cierges. C’étaient pour la plupart des couples qui faisaient le vœu d’un amour sincère et durable, plus pour leur moitié que pour eux-mêmes, en général. C’était bête mais j’ai fait la même chose : quelques pièces, une bougie, une flamme, une promesse et le vœux de son retour proche.

Maintenant mon pèlerinage accompli il ne me restait plus qu’à revenir sur mes pas. Les restaurants étaient habillés de blanc, de rose et de rouge. Je m’arrêtais devant un salon de thé où un immense cœur rouge entouré d’un ruban maintenu par une colombe été peint. Je contemplais l’image, hésitant entre mauvais goût assumé ou génie artistique inavoué. Plus loin à travers la vitre je voyais les couples de petits jeunes dînant comme le font les petits vieux. Moi aussi j’aurais aimé que nous ayons l’air de petits vieux, s’aimant depuis toujours et redécouvrant chaque année à la même date que le petit crépitement permanent de notre cœur n’était pas éteint.

J’étais décidément dans un véritable mutisme. Même si les choses que je voyais ne me laissaient pas de marbre, même si son absence me pesait, je ne pleurais pas. Mes larmes je préférais les garder pour son retour. Que faisait-il en ce moment ? Moi j’étais là, seule devant une vitrine étrange, regardant un ballet étrange avec une pointe de jalousie triste qui me fendait le cœur et lui il devait certainement… dormir… Selon mes calculs il était une heure du matin là-bas.

En même temps que je maudissais le décalage horaire je me rendais compte que s’était à présent le début de soirée bien avancé. Il me fallait rentrer seule, dans le noir. Parcourant le trottoir à grandes enjambées et perdant du même coup toute dignité - mais je m’en fichais - je me dirigeais vers mon home sweet home… alone.

Je montais les marches d’un pas lourd et lent, fatiguée que j’étais par ma promenade vivifiante au crépuscule rose. Mes doigts engourdis saisirent péniblement mes clefs. Tout en me promettant de le harceler à nouveau pour obtenir la prochaine fois ces gants fourrés de laine, j’entendis à travers la porte le téléphone sonner.

Combattant le froid qui les engourdissait, mes mains s’activèrent plus vite et parvinrent enfin à tourner les clefs dans la serrure. Baissant la poignée à l’aide de mon coude et poussant la porte grâce à mon épaule, je devins une tornade et entrais dans le petit meublé en trombe.

Le combiné me glissa des mains mais je le rattrapais in extremis. « Salut ! Comment vas-tu ? Bonne Saint-Valentin, ma chère ! ». En l’entendant je baissais instinctivement la tête et me retrouvais le nez dans son écharpe. J’inspirais une grande bouffée d’air. Avec sa voix à mon oreille et son odeur sur son écharpe j’avais vraiment l’impression qu’il était avec moi.

« Bonne Saint-Valentin à toi aussi, Darling ».
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