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 Lumière et Ombre

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miissmoon13
Brise
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MessageSujet: Lumière et Ombre   Jeu 2 Fév - 19:02

Et bien voilà, voici 'Lumière et Ombre" qui est la toute première histoire que j'ai écrite. Les commentaire sont les bien venu. J'espère que ça va plaire. Bonne lecture Very Happy

Prologue



Dans les loges du cirque « Éclat de lune », tous les artistes se préparaient pour le spectacle. Les clowns se peignaient un maquillage extravagant sur le visage tandis qu’à côté, les danseuses ajustaient leur somptueux costume. Ces dernières bousculèrent un magicien à la fausse moustache en train de répéter ses tours de passe-passe. Il lâcha ses cartes qui s’éparpillèrent dans l’étroite pièce. Les jeunes femmes s’excusèrent rapidement avant de retourner à leur robe. Le magicien soupira. Son jeu avait été rangé il y a peine quelques minutes et voilà que maintenant, il devait tout recommencer. Une loge plus grande n’aurait pas été de refus quoi qu’il aurait du choisir un meilleur endroit que cette boite à chaussures.

Un ami dompteur qui passait par là, lui en tendit quelques-unes ramassées à terre. Après de brefs remerciements, il retourna auprès de ses fauves. Le dresseur traversa les sombres coulisses et sorti dehors en direction des cages. Les félins rugirent de plus belle en voyant leur maitre arriver. L’artiste ne savait pas trop si c’était pour la nourriture ou parce qu’ils étaient impatients de monter sur scène. Il penchait plutôt pour la première solution même si lui, à leur place, choisirait la deuxième. Franchement, il aimait mieux être sous les feux des projecteurs que dans une cage qui sentait la crotte.

Les bêtes rugirent de nouveau et le dresseur finit par leur lancer un morceau de viande. Ce n’était pas l’heure du souper cependant il préférait les voir manger de la vache que son bras lors du spectacle. Il avait confiance en ses animaux mais il préférait les savoir le ventre plein lorsqu’ils étaient sur scène. Le dompteur, après avoir lavé ses mains, salua un retardataire. Celui-ci ne lui prêta même pas attention tellement il était pressé. C’était un jongleur. Il avait trainé en ville dans un café et avait perdu toute notion du temps À présent, il devait le rattraper ! Il bouscula dans sa course l’un des jumeaux acrobates. Le jeune homme choisit d’en rire avec son frère plutôt que de se fâcher. Ces deux-là étaient toujours joyeux même dans les périodes difficiles. C’était comme s’ils avaient rayé les émotions négatives pour ne garder que le meilleur.

Les jumeaux se dirigèrent vers les rideaux. Ils voulaient voir le nombre de spectateurs installés dans la salle. Comme eux, des artistes s’y étaient rendus et les deux acrobates durent jouer des coudes pour apercevoir les gradins. Regarder les gens assis dans les gradins les rassurait et leur donnait plus de confiance. Ce n’était pas qu’ils stressaient mais une boule agitée se formait dans leur ventre et c’était un moyen de la faire disparaître.

Pour beaucoup, cela faisait des années qu’ils étaient dans la troupe néanmoins ils étaient excités comme si c’était leur première entrée en scène. Ça courait, criait, rigolait cependant, ils faisaient cela en silence ce qui ne laissait rien présager depuis l’extérieur. Quelques-uns, dans ce désordre organisé, déchirèrent leurs parures. La joie et l’impatience se changèrent vite en inquiétude et stress. Heureusement, les nombreuses couturières étaient là pour les recoudre et rassurer les artistes ! La plupart de ces femmes étaient les propres mères de ces acrobates et leur emploi s'était trouvé tout naturellement. Ici au cirque, tout le monde mettait la main à la pâte !

Une fillette de dix ans arriva dans les loges du cirque. Elle s’appelait Mona et malgré son jeune âge, faisait partie de la troupe en tant que contorsionniste. Elle était assez grande et de longs cheveux blonds lui cachaient la moitié du visage. Cela lui donnait un air de petite fille fragile. Cependant elle n’était pas dépourvue de caractère. Dans ce monde d’adultes, elle avait intérêt de ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Mona alla s’installer devant un des nombreux miroirs et s’apprêta. Dans ce local trop petit pour tant de monde, les artistes se bousculaient et s’enguirlandaient pour quelques broutilles cependant, personne ne vint embêter la petite fille. Elle était concentrée sur un trait d’eye-liner allongé jusqu’à ses tempes pour que ses yeux semblent plus grands. Elle blanchit légèrement sa peau avec de la poudre et rehaussa le rose de ses joues. En dernier lieu, elle tamponna légèrement ses lèvres d’un rouge clair. Le maquillage était enfin terminé et il mettait en valeur ses magnifiques yeux bleus. Mona ressemblait à une poupée. C’était l’effet voulu.

« Tu es à croquer ! On dirait un petit ange, dit l’une des danseuses en allumant sa cigarette.
— Tu en serais un aussi si tu n’avais pas cette fumée qui te suivait partout ! ajouta la fillette. »

C’était une petite tradition chez les artistes d’« Éclats de lune ». Toujours critiquer les autres pour ne pas qu’ils prennent la grosse tête car personne n’était parfait. Le compliment de la danseuse était plutôt positif mais Mona n’aimait guère être traitée de « petite ». Ça lui rappelait que malgré sa grande taille, elle n’avait pas le même âge que les autres membres de la troupe. La jeune femme écrasa sa cigarette et lui adressa un sourire.

« Bonne chance la p’tite ! dit-elle avant de partir.
— De même la cheminée ! »

Après cette petite interruption, Mona se remit à ses préparatifs. Elle alla chercher dans un casier à son nom son costume. Il était simple : short et top blancs. La fillette l’enfila et se tourna vers ses cheveux. Elle les tira en une queue de cheval et laqua le tout. Malgré cette dernière précaution, quelques mèches trop courtes retombèrent devant ses yeux. Mona souffla deux fois dessus pour essayer de les mettre en place mais elles ne bougèrent pas. Elle grommela plusieurs injures avant de partir s’échauffer.

Le dessous des gradins était aménagé pour que les artistes puissent si étirer. Cette pièce avait été insonorisée et du verre avait été placé entre les marches pour permettre de voire la scène depuis l’intérieur. Les artistes pouvaient ainsi apercevoir tous les spectateurs installés. Et il y en avait des centaines ! Des hommes, des femmes et des enfants venus de toute la contrée pour admirer le spectacle. C’était le seul cirque des environs, et même s’il n’était pas le plus grand, un peu de divertissement dans cette région principalement rurale n’était pas de refus. Et puis, le show était grandiose et réputé.

Au dessus de la tête des spectateurs, les musiciens accordaient leurs instruments. Ils les essayèrent ensemble créant ainsi une musique désordonnée qui annonçait le début du spectacle. C’était encore l’un des rares cirques à avoir préférer un orchestre à une sono i-Tech. Même si cette dernière solution aurait été beaucoup moins couteuse, la gérante voulait que son théâtre soit comme dans ceux d’en temps. Un petit plus qu’appréciait le public.
Les régisseurs disposés un peu partout dans le chapiteau réglaient avec précision les éclairages. C’était le même chaque soir mais il suffisait d’une lampe éclatée ou un spot cassé pour recommencer une partie.

Mona entra dans la pièce d’échauffement qui était très peu éclairé et chercha du regard un coin de tapis. Clovice, le mime, lui laissa gentiment sa place.

« Je dois y aller, dit-il à la fillette. Le spectacle va commencer.
— Essaye de ne pas paumer Jule cette fois-ci, répondit-elle. »

Le mime rit jaune. Le petit frère de la jeune fille était insupportable avec lui et il était malheureusement son partenaire. A chaque fois que Clovice avait le dos tourné, le petit garçon en profitait pour s’enfuir. Il le retrouvait rapidement mais il avait beaucoup de mal à le ramener sous le chapiteau. De plus, l’enfant détestait s’habiller en clown ce qui rendait encore plus dure la tâche du pauvre artiste.

« Ne t’inquiète pas, j’ai trouvé la solution miracle, dit-il avec un sourire sarcastique aux lèvres. »

Il tira sur une sorte de corde et le petit frère de Mona apparut. Il était tout mignon avec sa perruque jaune bouclée, ses grandes chaussures et son nez rouge. Un accessoire semblait avoir été rajouté depuis la dernière prestation : c’était un sac à dos en forme de singe dont la longue queue était tenue par Clovice. Une sangle joignait les deux brettelles comme ça, le petit ne pouvait pas l’enlever. L’enfant boudait d’être traité comme un chien ce qui faisait bien rire le mime.

« Ce sale gosse ne pourra pas s’enfuir. En plus, c’est bien plus joli qu’une laisse !
— Mona ! supplia Jule. Aide moi ! »

Sa sœur lui tourna le dos en pouffant. Le petit garçon le prit mal et cria vengeance pour cet acte d’abandon.

Mona se tourna enfin vers ses exercices d’échauffements. Elle commença par tourner sa tête et fit de même avec ses autres articulations. Puis, elle se pencha sur ses jambes pour étirer les muscles derrières les cuisses et les mollets. Elle répéta cet exercice plusieurs fois et pour chaque interruption, allongea son dos dix secondes. Ensuite, la fillette fit cinquante petits sauts pour muscler ses chevilles.

Soudain, à l’intérieur de la salle, toutes les lumières s’éteignirent. Un spot se braqua sur la piste et illumina une femme habillée de rouge. Le public la reconnut et applaudit de toutes ses forces. C’était la directrice du cirque « Eclat de lune » : Ma-Rita. C’était aussi la mère de Jule et aussi de Mona qui avait été adoptée. La gérante était très appréciée des spectateurs même si elle ne se produisait plus sur scène depuis longtemps. Elle prenait très à cœur son rôle de Maitre Loyal et portait même le costume rouge en queue de pie et le chapeau haut de forme assortit. Elle attendit quelques secondes le retour du calme pour commencer son discours.

« Mesdames, messieurs et enfants, bienvenue au cirque « Eclat de lune » ... »

Ce spitch, Mona le connaissait par cœur. Déjà avant d’être artiste, elle avait pris l’habitude de venir voir le spectacle. Les prestations changeaient chaque année mais le discours, lui n’avait pas bougé. Elle le récita pendant son échauffement.

« Vous ne regretterez pas d’être venu, chuchota la petite fille. Ce spectacle va vous faire rire, pleurer, vous bouleverser. Tout un tas d'émotions vous traverseront durant les différents numéros. »

La fillette arrêta de sauter et changea d'exercice. Debout, elle prit son pied dans sa main et tira sur sa jambe pour qu'elle touche son oreille. Elle la passa ensuite derrière sa tête et resta dans cette position plusieurs minutes. Durant cet instant d'équilibre, Mona continua le discours, là où sa mère était :

« Nos artistes sont des étoiles qui jouent dans le ciel, notre théâtre, pour vous faire rêvez. Ils chasseront l’obscurité des durs jours dans votre corps et l’éclaireront d’un éclat, ... »
Mona arrêta de murmurer. Les derniers mots revenaient à Ma-Rita.
« D’un éclat de lune. »

Le spot s’éteignit et le public applaudit. Ce discours était magnifique et la petit fille en avait des frissons rien qu’en le prononçant. Ça mère l’avait créé seul et l’enfant se demandait souvent comment avait-elle put trouver de si belles paroles.

Une musique retentit et le spectacle commença !

Le premier numéro fut Clovice et Jule en adorable clown. Le mime simulait des chutes et la douleur des coups donnés par le petit garçon de huit ans. Tout le monde applaudissait et rigolait comme des fous. Le charme du frère de Mona y était pour beaucoup même si il tirait une tête pas possible.

Ils n’avaient pas encore fini quand Mona quitta la salle d’échauffement. Elle voulait voire sa mère avant d’aller se préparer pour sa prestation. Elle se dirigea donc vers les coulisses. La gérante se tenait derrière les rideaux et regardait avec attention les tours fait par son fils. Ma-Rita avait juste présenté le discours et elle semblait déjà à bout de souffle. Son autre rôle était d’orchestrer tout ce qui se passait en dehors des projecteurs. Elle courait d’un bout à l’autre du chapiteau pour régler les petits problèmes et cela lui demandait beaucoup d’énergie. Ses seuls moments de répit étaient les numéros de ses enfants qu’elle ne raterait pour rien au monde. Mona lui présenta une bouteille d’eau.

« Merci ma puce, c’est gentil.
— Je vais y aller.
— Déjà ? Mais le spectacle vient d’à peine commencer.
— Il est plus beau vu du dessus, lui dit-elle avec un superbe sourire. »

Ma-Rita embrassa sa fille sur le frond pour lui souhaiter bonne chance et la laissa partir. Mona se dirigea vers un étroit escalier en colimaçon et le gravit. Il était vieux et les marches étaient en assez mauvais états. Elle dut faire attention où elle mettait les pieds pour ne pas se prendre une écharde. Arrivée au niveau des musiciens et des régisseurs, elle allait monter à une échelle quand un de ces derniers l’interpella.

« Tout est ok pour le tissus. Fais juste attention en haut, quand les lumières seront éteintes, de ne pas tomber de la plateforme. »

La fillette lui fit un petit signe de remerciement et escalada l’échelle. Elle n’avait pas intérêt à avoir le vertige car une fois en haut, elle serait à plus de vingt mètre du sol ! Elle arriva enfin au point le plus élevé de la salle et se coucha sur la plateforme. D’ici, elle pouvait apercevoir le petit millier de spectateurs assis dans les gradins. Aucune place n’était vide. Normale le spectacle affichait toujours complet une semaine avant la représentation. Elle n’y vit aucun de ses amis dans tout ce monde, la hauteur l’en empêchait. Par contre, elle reconnut le maire de la ville d’à côté. Il venait presque tout les mois et avait toujours sa place parmi les VIP. D’ici pensa la petite fille, il ressemblait à un gros insecte entouré de sa petite famille.

Les numéros défilèrent et les heures aussi. Mona ne pouvait s’empêcher d’admirer ce magnifique spectacle au lieu de répéter sa prestation. La fillette le connaissait par cœur et elle ne s’en lassait pas. Et puis, c’était sa famille sur scène. Elle se devait de les encourager mentalement !

La musique des danseuses s’arrêta. C’était le signe que c’était bientôt à elle. Mona se releva et étira ses muscles. Elle fit craquer les articulations de ses doigts et vérifia si le long tissu qui lui servira durant sa prestation était bien accroché. Puis, elle se mit en position.

Elle était calme, il le fallait. Le moindre tremblement pourrait la déstabiliser et la faire chuter. Pas une once de stress ne devait la parcourir. Elle attrapa le ruban puis, mit un pied dans le vide.

En bas, Ma-Rita apparut pour annoncer le dernier numéro. Sa fille était devenue le clou du spectacle au fil des années et elle se devait de lui faire un beau discours.

« La prestation que vous allez voire est l’une des plus belles et votre préférée. Celle de ma fille, Mona. Elle est contorsionniste et vous ferra passer un agréable moment dans ce numéro aérien. Pour ceux qui s’imaginent déjà à de simples acrobaties, regardez. Car c’est elle l’avenir du cirque et qui fait la magie ici. »

Le cœur de Mona s’emballa. Le stress montait.
Non, il ne faut pas ! ordonna-t-elle mentalement.

Une atmosphère bizarre planait dans la salle. Ça la perturbait. Elle regarda une fois vers bas et un haut le cœur lui prit. Voilà que maintenant elle avait le vertige ! Pour se rassurer elle répéta la phrase dite par sa mère : « C’est normale que tu aies peur, tu as dix ans. Mais tu es différentes des autres, alors surpasses-là ! ». Ça la calma et elle reprit de l’assurance.

« Mesdames et messieurs, continua sa mère, c’est elle l’éclat ! C’est elle... »

L’éclairage s’éteignit dans la salle. Mona enleva son autre pied de la plateforme et glissa dans le vide.

« C’est elle la lumière ! »

L’orchestre joua et un spot se braqua sur la jeune fille. Durant l’instant d’obscurité, Mona avait eu le temps de prendre une pose. Les spectateurs la découvrirent les pieds emmêler dans le tissu et son corps pendu vers le sol. Elle débuta sa prestation par de simples ports de bras, puis, releva son corps. Elle enchaîna les figures avec grâce et fluidité. Ses acrobaties exécutées avec aisance semblaient faciles pour les spectateurs. Cependant, derrière le magnifique sourire affiché par Mona, se cachait le stress, la douleur de ses muscles poussés à bout et la fatigue des heures d’entrainements. Pourtant, ce sourire leur faisait presque oublié les risques prit par la jeune fille.

C’était ça la magie du cirque.

Quand la musique ralentit, Mona prit une pose au contraire de celle du début. Toujours les pieds enrobés par le tissu, elle cambra le dos et leva les bras. On avait l’impression qu’elle remerciait le ciel. Sa prestation racontait comme une histoire, celle d’un passage. Du désespoir à l’espoir, de la mort à la vie, de pauvre à riche, de la défaite à la victoire, de l’ombre à la lumière, ... Tout le monde pouvait avoir sa version !

Le public était sous le charme. Il applaudissait encore plus fort qu’aux autres numéros. Mona aussi était heureuse : elle avait réussi tous ses mouvements et les spectateurs avaient apprécié. C’était tout ce qu’elle voulait.

Mona allait descendre de son ruban pour le saluer mais elle s’arrêta après quelques mètres. Elle était attirée par quelqu’un dans les gradins. Son regard se posa sur un visage. Il s’agissait d’un garçon de plus ou moins son âge qui la regardait avec admiration. Aux premiers abords, il était comme tous les autres cependant, une chose d’inouïe se produisit : les yeux de la fillette et ceux du garçon s’illuminèrent.

Le temps s’arrêta autour d’eux. Son esprit et celui du jeune spectateur entrèrent en contact, échangèrent des données. Mona avait vu tout son futur et le passé de cette personne en même pas une demie seconde puis, plus rien. Tout disparut de sa mémoire.

Le temps reprit son court. L’esprit de la fillette quitta celui garçon mais le retour à la réalité fut douloureux : elle eut l’impression de recevoir un coup sur la tête et cela la fit chaviré. Déstabilisée, elle lâcha le ruban et tomba tête la première dans le vide. La petite fille voulut plusieurs fois se rattraper au tissu mais son corps ne lui répondait plus. C’était fini.
Tout le monde dans la salle émit des cris d’horreurs quand Mona percuta le sol. Fort heureusement, l’artiste était toujours vivante. Et pour cause, la scène était devenue aussi molle que de la gelée. La seconde d’après, la surface retrouva sa solidité. On vit accourir toute la troupe mais Ma-Rita les éloigna d’un geste de la main. Seul le médecin du cirque était autorisé à rester.
« Mona, ma chérie, tout va bien ? demanda sa mère affolée. »

Elle ne répondit rien. Ses yeux restaient fixés sur les gradins là où se trouvait, il n’y avait même pas une minute, le garçon.

« Elle n’a rien de casser, prononça le docteur. Elle a eu beaucoup de chance !
— Alors pourquoi elle ne parle pas ! dit la gérante un peu trop méchamment, à cause de l’inquiétude. »
Mona reprit ses esprits à l’instant même.

« Ma ! Il est comme moi... ! »

La petite n’arriva même pas à terminer sa phrase tellement ce qu’elle allait dire lui semblait irréel.

« Oh ma puce ! Est ce que ça va ? Tu vas bien ? demanda sa mère les larmes yeux.
— Il est comme moi ! Ce garçon est comme moi ! répétait-elle sans arrêt.
— Je ne comprends pas. Il est comme toi pour quoi ? »

Mona se tourna vers les gradins. Elle avait envie de pleurer tant elle était heureuse.

« Il est comme moi, c’est un Passidien de Rivèria. »


Dernière édition par miissmoon13 le Mer 19 Déc - 14:56, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Lumière et Ombre   Sam 17 Mar - 18:41

Chapitre 1 :
L’histoire




Chapitre 1 :
L’histoire



Le soleil venait à peine de se lever qu’une ombre malicieuse et pleine de mauvaises idées en tête se faufila dans la chambre de Mona. La jeune fille dormait encore paisiblement alors que l’intrus en profitait pour dérègler son réveil. Après son crime, il le reposa délicatement sur la table de nuit puis repartit aussi discrètement qu’il était venu par la trappe dans le plancher. Là, il attendit quelques minutes sur l’escalier, l’oreille à l’affût, avant d’entendre sonner l’engin et le râle de l’adolescente.

Mona, réveillée en sursaut par l’alarme, attrapa le réveil. Ses yeux qui étaient encore à moitiés fermés il y avait quelques secondes, s’ouvrirent grands en voyant l’heure qu’indiquait le cadrant : six heures ! La jeune fille mordit sa lèvre de colère avant de crier le nom de celui qui l’avait réveillée si tôt :

« Jim ! »

L’intéressé esquissa un sourire. Il attendit quelques instants sous la trappe puis en sortit comme si de rien n’était.

« Que se passe-t-il ? demanda-t-il avec un air trop innocent. Je t’ai entendu crier.
— Ne fais pas ta tête d’ange : je sais que c’est toi qui a réglé mon réveil pour qu’il sonne à six heures ! Je vais te tuer !

Mona debout sur son lit et le poing levé, voulut frapper Jim mais celui-ci attrapa son poignet avant même qu’il ne touche son visage.

« Lâche-moi ! lui ordonna-t-elle.
— J’ai peur qu’il ne m’arrive quelque chose si je t’écoute.
— Tu le mériterais pourtant !
— Quelle mauvaise humeur... Tu m’agresses alors que je ne t’ai absolument rien fait.
— Toi et ton air innocent avez intérêt à dégager de ma chambre illico avant que je ne vous brûle tous les deux ! dit-elle en se débattant pour récupérer son poignet.
— Si tu insistes, dit-il en la lâchant puis partit en direction de la trappe. Toutefois, pourrais-tu me dire ce qui t’a rendue si désagréable ? »

Là, c’était goutte d’eau qui fit déborder le vase. Mona savait se retenir d’être violente avec son colocataire mais cette fois-ci, il avait été trop loin. Elle attrapa le réveil sur sa table de nuit et cria :

« Ça ! »

La jeune fille le lança de toutes ses forces et Jim qui n’avait pas vu le coup venir, se prit l’engin en pleine figure. Toutefois, l’adolescent ne vacilla pas. Pas même un petit cris de douleur bien qu’une plaie venait de s’ouvrir sur son front laissant couler un filon de sang. Il rigola.

« Qu’est ce que tu peux être bête des fois ! Tu sais très bien que n’est pas ce genre de coup de fillette qui va me faire pleurer. Je n’ai même pas dit aïe ! »

Mona s’aperçut que son attaque n’avait servi à rien — ¬¬à part peut être lui faire évacuer son excès de colère — car déjà la blessure se refermait. Stupide faculté de guérison rapide ! Par contre, le réveil aurait surement bien voulu de cette capacité vu l’état dans lequel il était.

« C’est bien fait quand même ! rétorqua-t-elle.
— Mais tu es vraiment ignoble ! Traiter son meilleur ami de cette façon devrait être puni ! Tu te rends compte que si j’avais été un humain, j’aurais été tué sur le coup !
— Oui et ? Tu n’en es pas un si je ne me trompe ? Bref, fin de la discussion. Pourquoi m’as-tu réveillée à cette heure ? demanda-t-elle plus calme que tout à l’heure. Tu sais très bien que je déteste me lever tôt !
— Je le sais mais je voulais absolument te montrer les falaises de Déraqui-Mont. Je n’arrête pas de te parler de cet endroit depuis des années et combien de fois n’as-tu pas refusé de m’y accompagner ?
— Des centaines, dit-elle dans un soupir.
— Et bien aujourd’hui tu vas venir avec moi. Allez ! Je voudrais y être avant midi. Debout ! »

Mona n’aimait déjà pas être debout si tôt mais si c’était pour en plus aller faire de la randonnée, alors là non merci !

« Tu peux toujours rêver pour que je me lève ! dit-elle sur son lit »

Jim la regarda de haut en bas. Bon d’accord elle était déjà debout mais ce n’était pas pour ça qu’elle allait l’accompagner ! Elle retourna se blottir dans son lit, la tête sous l’oreiller malgré les protestations de son meilleur ami. Et puis quoi encore ! S’il croyait qu’elle allait dire oui après ce qu’il lui avait fait endurer, il se mettait le doigt dans l’œil !

N’entendant plus rouspéter l’adolescent, Mona sortit la tête de sous les couettes. Jim avait surement renoncé à la faire sortir de son lit. La jeune fille ne se sentait plus en danger et se débarrassa de ses couvertures.

Grosses erreur !

Jim profita de cet instant à découvert pour lui balancer un jet d’eau glacé sur le visage. La jeune fille était tellement stupéfaite de cette action qu’elle resta plusieurs seconde sans bouger, la bouche grande ouverte avant de rentrer dans une colère noire. L’adolescent qui avait déguerpi après avoir aspergé son amie courut le plus loin possible de la roulotte. Mona pour ne pas perdre de temps, sauta depuis sa fenêtre au premier étage et le poursuivit. Mais Jim avait déjà eu le temps de se cacher et le campement était grand. Toutefois, la jeune fille n’abandonna pas et fila directement au chapiteau.

Quand elle passa l’entrée de la tente géante, Mona se rendit compte que la tâche n’allait pas être facile. Le chapiteau était bondé de monde aussi bien au sol que dans les airs comme si toute la troupe c’était donné rendez-vous. Si Jim ce cachait ici, elle allait avoir du mal à le retrouver. Mona commença ses recherches par la scène où répétaient une petite centaine d’artistes serrés les uns contre les autres à cause du manque d’espace. Ils exécutaient leur chorégraphie à fond comme si c’était le jour du spectacle sans faire attention aux autres personnes se trouvant sur la piste. Au moindre accrochage, une dispute éclatait. Elles ne duraient jamais bien longtemps, les excuses étaient vite prononcées mais on sentait que l’ambiance était électrique sous le chapiteau.

Quand Mona bouscula malencontreusement un jongleur en pleine manœuvre, elle crut qu’elle allait être bombardée de jurons en tous genres cependant il n’en fut rien. Il ramassa ses balles et se remit au travail sans faire allusion à l’accident. La jeune fille fut surprise de l’attitude l’artiste. Sa mère était la gérante du cirque, certes, mais d’habitude, elle n’avait pas droit à ce genre de traitement de faveur. Mona ne s’attarda pas à ce problème et continua ses recherches.

Après avoir passé au crible les moindres recoins du chapiteau, l’adolescente sentit sa rage contre Jim diminuer et la fatigue lui monter. Cette course poursuite l’avait épuisée et en plus, son ventre hurlait qu’on lui donne à manger. Un deuxième argument qui la poussa à abandonner sa vengeance. Mona traversa la piste l’esprit occupé par le menu de ce matin-là sans faire attention à qui se trouvait sur les échafaudages. Elle passa juste en dessous sans que rien ne se passe mais au moment où elle allait sortir de l'immense tente bleue et blanche, un nouveau jet d'eau lui tomba dessus.

Dans la salle, tous les artistes retinrent leur respiration. Personne n'osait jamais embêter la fille de la gérante en raison de son caractère irascible et de ses « facultés spéciales ». Personne sauf Jim, le seul qui savait lui tenir tête. L'adolescent riait comme un fou et passa devant elle pour fuir sans qu'elle n'essaye de l'en empêcher. Toutes les personnes présentes dans la salle sentirent le danger en voyant les mains de Mona crépiter. Beaucoup sortirent de la scène par les coulisses ou se réfugièrent derrière les gradins par peur qu'elle ne provoque une nouvelle catastrophe. Et ils avaient bien raison car quelques secondes plus tard, une boule de feu jaillit de ses paumes pour aller carboniser la bâche qui servait d'entrée. Mona sorti du chapiteau rouge de colère et les poings enflammés. Après avoir aperçu Jim près d'une roulotte, elle lui fonça dessus armées de ses mains en feu. Elle le poursuivit ainsi dans tout le camp lui lançant le plus rapidement possible de nouveaux projectiles mais qui rataient à chaque fois leur cible.

Croissant et tasse de café en main, Ma-Rita regardait le spectacle assise confortablement sur sa chaise. Ces disputes journalières ne la lasseraient donc jamais. Voir sa fille et Jim se battre avec leur pouvoir la distrayait le temps de prendre son petit déjeuné. Bien sur, la plupart du temps, il y avait des dégâts matériels et même des blessés. Elle pourrait séparer les deux adolescents pour éviter tout ça mais elle y risquerait sa peau. Non, il valait mieux que ça reste comme cela. Et puis ces chamailleries ne la regardaient pas. La gérante du cirque prit une bouchée de son croissant puis le posa à côté de son café.

C'est alors qu'un des projectiles lancés par Mona vint se fracasser sur la table de jardin passant à quelques millimètres de Ma-Rita. Le meuble était détruit et son petit déjeuné en cendre. Furax, elle décida finalement d'intervenir et cria :

« Mona et Jim ! Venez ici immédiatement ! »

Les deux adolescents se crispèrent sous les cris de la gérante. Elle ne devait pas être contente. Et si il y avait bien quelque chose qui leur faisait peur, c’était Ma-Rita en colère. Ils arrivèrent près d'elle, la tête baissée et un sourire gêné aux lèvres, prêts à entendre leur sentence pour cette énième dispute.

« Vous êtes totalement malades ! Vous vous rendez compte de ce qui aurait pu m'arriver si cette boule de feu avait atterri sur moi ? Toi, dit-elle en désignant Mona, tu n'aurais plus de mère et toi tu retournerais chez tes parents ! Qu'est ce qui se serait passé si une personne extérieure à la troupe vous avait vu utiliser vos pouvoirs, hein ? L'Armée Spéciale serait venue vous faire prisonniers ou vous aurait tué ! À la fin, je vais penser que vous le faite exprès ! »

Mona et Jim n’écoutaient que d’une oreille ce que Ma-Rita était entrain de leur dire. Ce devait être la millième fois qu’elle répétait le même discours et à la fin, ils le connaissaient par cœur.

« Oui Ma. On le sait Ma. On s’excuse Ma. On le ferra plus Ma... »

La gérante voyait bien qu’ils ne l’écoutaient pas et surtout qu’ils se moquaient d’elle. Elle leur fit signe de déguerpir et tourna la tête vers la table devenue un morceau de bois cramé. Elle chercha après un bout de croissant mais rien, juste de la poussière noire et des planches encore en flammes.

Elle soupira.

Il y avait des jours où elle se demandait pourquoi elle avait pris sous son aile ces Passidiens. Ces deux-là étaient de vrais dangers publics et des emmerdeurs professionnels ! Cependant, la réponse à sa question lui vint instantanément.

« Parce qu’ils seraient déjà morts à l’heure qu’il est... »

De ce que l’on pourrait croire, Ma-Rita n’était pas native d’ici. C’était une étrangère comme tous ses congénères humains. Elle se trouvait sur Rivèria, l’une des cinq planètes de l’archipel de Passidia. Les Terriens avait envahit la galaxie d’Ambréos lors des Grandes Conquêtes comme beaucoup d’autres astres durant cette période. Les humains s’étaient installés sur Rivèria pour son climat semblable à celui de la Terre et pour ses richesses à exploiter. Elle avait peut être une météo capricieuse mais les colons avaient fini par s’habituer aux ouragans à répétition et aux annuels ras de marée. Et puis, avec leur technologie avancée, ils pouvaient se protéger de ce genre de désagrément. La planète possédait huit océans pour seulement deux continents : L’île d’O et Méline. Bien que les autres planètes de l’archipel soient viables, Rivèria restait l’endroit le plus colonisé vu sa ressemblance avec la Terre. Même ses habitants ressemblaient aux humains.

Toutefois, les Terriens n’étaient pas venus ici pour faire du tourisme. Ce qu’ils cherchaient c’était une petite sphère bleue : l’agréas. Cette boule pouvait contenir une quantité presque inépuisable d’énergie. On les trouvait dans le sol par gisement que les humains avaient fini par surnommer des « arbres de pierres » à cause de leur disposition. Tous les astres de la galaxie possédaient des agréas mais c’était sur l’archipel où que l’on en trouvait le plus. Et plus précisément sur la planète mère : Passidia. Cependant, les colons n’étaient jamais parvenus à y aller à cause d’un champ de force qui y bloquait l’accès. Au lieu de revenir bredouille chez eux, ils s’étaient rendus sur les quatre autres. C’est là qu’ils avaient fait connaissance avec leurs habitants, les Passidiens.

Leur apparence était quasi identique avec celle des humains mis à part qu’ils étaient plus grands d’une demis tête. Bien que les capacités physiques et intellectuelles de ces « extraterrestres » étaient plus développées que celles de leurs envahisseurs, ils n’avaient fait aucune grande découverte et semblaient être resté figé à une air moyenâgeuse. Ils vivaient simplement et avait l’air de s’en contenter. C’était aussi une race très pacifique. Lorsque les humains leur avaient déclaré la guerre, les Passidiens avaient tenté de leur parler et de trouver une solution pour éviter cela. Mais leur langue était différente et les traducteurs avaient mal traduis certains propos ce qui les amena à se battre.

Les Terriens avaient profité du désavantage de technologie pour remporter la guerre qui avait éclaté entre les deux peuples mais l’avait gagnée de peu. Et pour cause, les Passidiens avaient un don particulier, celui de contrôler les éléments naturels. Imaginez un groupe d’une centaine de personne créant un ras de marée destructeur ou une vague de feu. Dans ces cas là, les armes n’étaient pas d’une grande aide et mieux valait fuir. Pourtant, les envahisseurs n’abandonnèrent pas. Futés, les humains s’inspirèrent du champ de force qui protégeait la planète mère pour créer leur propre bouclier. Celui-ci annulait leur pouvoir et les Passidiens furent obligés de capituler après une semaine d’acharnement pour le briser. Ensuite les colons décrétèrent que l’archipel était leur propriété et que les Passidiens devaient disparaître sous peine d’être emprisonné ou tué. Commença alors le Massacre.

Ce furent des millions et des millions de Passidiens qui moururent durant cette période. Aucun d’entre eux n’avaient pu fuir les planètes et comme le stipulait le décret sur leur exil, ils devaient soit quitter les planètes ou soit être mis en prison. Les bâtiments carcéraux avaient fini par être en surplus et les humains qui ne savaient que faire du reste, décidèrent de les tuer. Un vrai génocide ! La planète la plus touchée par le Massacre fut Rivèria en outre parce qu’elle était la favorite des humains. Sa ressemblance avec la Terre les avait séduit et il en avait fait leur principale colonie. Les trois autres astres abritaient encore un certains nombre de Passidiens car ils possédaient des endroits hors de portée de leur envahisseur : Vivéria avait le Cercle des tempêtes, Bottaria ses jungles dangereuses et Flammiria les Sous-sol de feu. Les Terriens avaient tenté d’atteindre ces lieux et mener des batailles mais s’étaient finalement retranchés et les avaient laissé en paix.

Ce qui sauva plus d’un millier de Rivèriens fut les pacifistes humains. Ils faisaient parti pour la plupart de la deuxième vague de colons venue habiter la planète. Certains étaient contres le Massacre et avaient décidé secrètement de protéger les Passidiens. Pour beaucoup d’humains, ils étaient venus sur l’archipel pour débuter une nouvelle vie et un bon nombre n’avaient pas de papier en entrant sur le territoire. Personne ne savait ce qu’ils étaient avant d’arriver et l’idée de faire passer les Rivèriens pour ces Terriens sans passeport leur vint en tête. Ces réfugiés étaient devenus cousins, oncles, parents éloignés ou même enfants, comme Mona. Ma-Rita avait adopté la jeune fille en la faisant passer pour humaine et elle avait pu ainsi rester en vie comme d’autres Passidiens de la même manière. L’espèce avait ainsi put survivre mais ils restaient toujours traqués par l’Armée Spéciale.

Cette organisation avait été créée lors des Grandes Conquêtes pour protéger les humains des autres races intelligentes. C’était elle qui avait mené bataille contre les Passidiens et qui les chassait maintenant que la guerre était terminée. Mona et Jim craignaient plus que tout cette organisation car il paraitrait qu’elle possédait des engins capable reconnaître la signature énergétique de leur pouvoir. Cela n’avait jamais été prouvé mais ils se méfiaient d’eux. Leur base la plus proche était à Jetocity et la mégalopolis se trouvait à moins d’une heure de leur petit village. Les soldats pouvaient d’un jour à l’autre descendre jusque chez eux et faire des tests ADN. Bien qu’à présent il faille un mandat pour les passer, les deux jeunes Passidiens en avaient peur. Car si un jour on découvrait leur véritable nature, ce serait tout leur monde qui se détruirait.

Mona et Jim aimaient être Rivèriens mais secrètement ils rêvaient d’avoir une existence d’humain pour ne pas avoir toutes ces préoccupations. Ils souffraient d’être si différents de ceux qu’ils côtoyaient et encore plus de cacher ce qu’ils étaient vraiment. Avant d’être réunis, ils croyaient être les seuls à qui cela arrivait. Mais après que Jim soit arrivé au camp, tout avait changé. Ils étaient deux à vivre cela et la solitude avait fini par disparaître. Trouver quelqu’un comme elle avait complètement bouleversé la vie de Mona et elle ne savait pas ce qu’elle serait devenue sans Jim. À cette époque, elle venait de trouver un compagnon de jeu puis au fur et à mesure, un confident et finalement, un frère. Un lien s’était formé entre eux, fait de différences, de secrets et de souffrance et ils les rendaient plus forts. Ce lien les avait unis le jour où leurs yeux avaient brillés.




***



Mona suivit les ordres de Ma-Rita et se rendit dans la tente principale où sa mère l'attendait. Elle n'était pas seule. Elle était accompagnée d’un homme au gros ventre et à la moustache parfaite et d’une jeune femme au teint orangé. Elle reconnu immédiatement.

« Salut Bruno et Maria ! dit-elle en leur faisant la bise. »

C’étaient les Longuevu, gérants d’un autre cirque et très bon amis de Ma-Rita. Mona se demanda pourquoi le couple était là car ils venaient d’habitude que pendant les vacances.
Elle alla s’asseoir sur les coussins disposés à terre et attendit les explications.

« J’aimerai te présenter quelqu’un, dit sa mère. C’est le fils de Bruno et Maria, Jim. Tu as surement du déjà entendre parler de lui. Jim, montre-toi s’il te plait, dit-elle en se tournant vers le coin le plus sombre de la tente. »

Maria poussa en avant un garçon. Mona lui trouva un certain charme avec ses cheveux noirs emmêlés et ses yeux pétillants. Lui aussi la trouvait assez jolie. Mais quelque chose frappa la jeune fille : ses iris étaient bleus comme l’enfant des gradins. Celui dont elle avait vu brillé le regard quand elle l’avait croisé.... Et qui l’avait fait tomber aussi ! Mona ne savait pas si elle devait être contente d’avoir trouvé un semblable ou en colère pour sa chute. Elle choisit la deuxième proposition. Elle le fixa d’un air méchant genre « toi-je-ne-vais-pas-te-louper-tantôt ! ». Jim prit peur et retourna dans son coin.

« Il a dix ans, expliqua Maria en poussant son fils devant elle, et est comme toi, un Passidien.
— Jim va vivre avec nous, intervint Ma-Rita, mais on a un problème : nous n’avons plus une seule roulotte de libre. C’est pour ça que j’ai pensé qu’il pourrait habiter avec toi. Tu n’utilises que la partie du haut, il pourrait utiliser celle du bas. Qu’en dis-tu ? Tu es d’accord ? »

Avec le regard suppliant qu’employait sa mère, Mona se sentit presque obligée de dire oui. Même si elle appréciait la venue d’un Passidien de son âge au cirque, l’idée qu’un garçon vienne habiter juste en dessous d’elle lui plaisait moins.

« C’est d’accord, répondit-elle. »

Ma-Rita, contente que sa fille ait accepté Jim, proposa à Bruno et Maria de rester pour le souper.

« Avec grand plaisir ! Tu sais comme j’aime la cuisine de Vivianéria ! répondit le gros Bruno en se léchant les babines.
— Bien ! En attendant, Mona, tu pourrais montrer à Jim sa nouvelle chambre ? »

Mona acquiesça et aida son nouveau colocataire à porter ses valises. Elle lui présenta en route quelques membres du cirque comme son petit frère Jule, le mime Clovice, Vivianéria la cuisinière et d’autres artistes et régisseurs. Le nouveau trouva la troupe bien complète et se demandait comment il allait faire pour retenir tous ces noms !

Quand il entra dans la roulotte, Jim trouva son nouveau « chez soit » pas trop mal. Murs, plafond et sol était en bois donnant un air assez vieux mais décontracté à la pièce. Sur le côté droit, une banquette étroite entre deux armoires faisait office de fauteuil et une large fenêtre donnait vue sur le campement. Du côté gauche, il n’y avait qu’un petit évier encastré près de la porte d’entrée. C’était sur le long de ce mur que lui et Mona allait installer son hamac qui lui servirait de lit pour l’instant. Ils défirent les valises et rangèrent les vêtements et affaires personnelles dans les étagères. Jim eut la chance de voire la chambre du dessus, celle de la Passidienne qui ressemblait comme deux gouttes à la sienne. Mise à part le véritable lit et la couette mauve. Après avoir tout déménagé, Mona eut l’idée de lui faire visiter le village de Laro. Le garçon ne connaissant pas la région accepta la proposition.

« Tu ne préviens pas ta mère que nous quittons le camp ? demanda Jim.
— Ce n’est pas indispensable. Elle sait que si je ne suis pas ici, je suis surement au village. »

Ils empruntèrent un petit sentier à travers les herbes hautes qui menait droit au petit village de Laro. Un chemin que Ma-Rita n’aimait pas que sa fille prenne mais il était bien plus court. Jim prit du temps pour parler avec Mona et n’ouvra la bouche qu’après être sortit du camp.

« Tu viens de quelle planète ? demanda le garçon.
— Rivèria. Toi aussi vu que tu as les yeux bleus ?
— Exacte ! Tu utilises tes pouvoirs ?
— Non ! Jamais ! Ma-Rita me l’a formellement interdit. Si quelqu’un me voyait, je risquerais d'être dénoncée à l’Armée Spéciale. Et tu connais le sort réservé à ceux de notre race, souffla-t-elle en fronçant les sourcils. Toi, oui ?

Le jeune garçon hésita à lui dire la vérité cependant il pressentait qu'il pouvait lui faire confiance.

« Bah oui, avoua-t-il doucement timidement.
— Tu es fou ! Tu veux finir embroché sur des piquets ou pendu ?!
— Je sais que je prends des risques en les utilisant. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. J’ai essayé mais après trois jours, je recommence. Et bien sûr, maman me gronde.
— Essaye de faire des efforts. Moi, je n’utilise jamais mes pouvoirs ! se vanta Mona.
— Mouai. Je suis presque sur que tu mens ! De toute façon, je m’en fous, tu fais ce que veux. »

Mona détourna son regard vers ses baskets. Jim avait vu juste : elle se servait de sa magie. Pour des petites choses mais le faisait quand même. Elle n’y pouvait rien, c’était dans les gènes des Passidiens. Pour elle, ne pas utiliser ses pouvoirs, c’était comme lui demander de ne pas respirer, à un moment où un autre on doit recommencer pour vivre !

« Dis-moi. Pourquoi appelles-tu Maria « maman » ?
— Parce que c’est elle qui m’a élevé. Pourquoi ? Comment appelles-tu Ma-Rita ?
— Par son prénom ou simplement Ma.
— Et pas maman ? ajouta Jim.
— Non. La seule personne que je surnommerai maman sera celle qui m’a mise au monde et vu qu’elle est morte, ce ne sera personne ! répondit la jeune fille avec un ton sec et froid.
— Ne dis pas ça. Ta véritable mère est peut être encore vivante. Moi, je suis presque sûr qu’elle l’est, car des fois, pendant la nuit, je sens ses longs cheveux me caresser la joue. »

Mona trouva idiote l’histoire du jeune garçon car si elle aurait été réellement vivante, elle serait revenue le chercher. Mais au fond d’elle, la Passidienne enviait l’espoir de Jim.

« Dis, pourquoi les humains ont envahit l’archipel de Passidia ? demanda Jim.
— Je ne sais pas. Pour l’argent, surement.
— Et tu connais l’histoire de la Colonisation ? Mes parents n’ont jamais voulus me la raconter.
— Oui, bien sûr. Je veux bien te la raconter si tu veux ?
— Oui ce serait gentil. »

Mona ne sans s’en rendre compte, quitta le sentier principal. Ne voyant toujours pas Laro au loin, elle commença à dicter le conte.

« Il y a plus de cents ans, les Humains découvrirent dans l’espace cinq planètes. Elle se composait de Rivèria, terre des grandes eaux, Bottaria, planète végétale, Flammiria, astre de feu, Vivéria, terre des vents et de Passidia, la planète mère. Les Humains qui connaissaient les richesses de cette dernière, établirent un contact avec ses habitants. Ils leurs demandèrent comment traverser le champ de force autour de l’astre mais n’eurent aucune réponse des Passidiens connaissant leurs mauvaises attentions. Pour les forcer, ils commencèrent à les torturés et à les tués un par un cependant, aucun n’avoua. Une guerre explosa entre les deux camps et malgré le don des Passidiens de contrôler les éléments, les Terriens gagnèrent. Les vainqueurs s’installèrent et les perdants furent emprisonnés ou exterminés. Heureusement, quelques hommes et femmes pacifistes les aidèrent en les faisant passez pour humains grâce à leur ressemblance physique. L’espèce pu être sauvée. Même après la guerre, personne ne sait comment les Passidiens faisaient pour aller sur la planète mère qui reste encore maintenant, inaccessible.
— Merci, dit Jim.
— De rien mais je ne t’ai raconté que le gros de l’histoire car complète, il m’aurait fallu plus d’une heure. Et puis, je ne connais pas les détails.
— Ce n’est pas grave, c’est déjà gentil de ta part de me l’avoir expliquée. Qu’advient-il des prisonniers ?
— Je ne sais pas et je crois que personne ne le sait. Ils sont enfermés dans des camps comme celui de Witch Island. Peut être des esclaves, c’est le plus intéressant pour eux.
— Qui sait.

Mona pensa à tous ces gens enfermés et exploités dans ces cubes de bétons. Elle avait l'impression de ressentir leur malheur, leur désespoir. Le faite de voir des images des siens fouettés et mutilés lui fit mal au cœur. Elle préférait les savoir morts que de subir cette souffrance.

Embuée dans ses pensées, elle ne remarqua pas qu’ils avaient quittés le sentier menant à Laro pour s’enfoncer dans les hautes prairies. Elle ni prêta attention que lorsqu’elle sentit la fatigue lui monter.

« Je crois que nous sommes allés trop loin. On aurait déjà dû atteindre Laro depuis une bonne dizaine de minutes. Rebroussons chemin, proposa Mona. »
Ils retournèrent sur leurs pats et avancèrent en direction de sentier. Durant leur trajet, ils croisèrent un hélicoptère dans le ciel, chose rare vu la météo changeante de la planète. Quelques minutes plus tard, alors qu’ils venaient de rejoindre la route, Mona se sentit soudainement vidée de son énergie. Elle s’arrêta un instant ayant la tête qui tournait et la nausée. Elle sentit ses membres se dérobés et s’écroula au sol. La fillette voulut se relever mais c’était comme si ses jambes ne lui répondaient plus et resta étendue à terre. Mona réessaya plusieurs fois mais en vain. Voulant protéger ses yeux d’un soleil particulièrement éblouissant, elle essaya de mettre ses mains devant mais ses avant-bras étaient cloués au sol. Tout d’un coup, ceux-ci s’étirèrent violement lui faisant hurler de douleur. Le mal était tellement profond qu’elle avait l’impression que l’on lui écartelait les bras depuis ses veines. Elle ne pouvait plus bouger et avec cette douleur insoutenable qui lui mordait les bars, s’évanouit.

A côté d’elle, Jim, qui était dans la même situation, sentit qu’il ne fallait qu’ils trainent ici. Avec les quelques forces qu’il lui restait, il prit Mona sur son dos et remonta le sentier bien décidé à s’éloigner de cette force mystique qui les faisait souffrir. Ne se souvenant pas du chemin, il perdit du temps à tourner en rond. De plus, avec la fillette sur son dos, il avait du mal à avancer et trébucha à nombreuse reprise. Malgré ses chutes et la fatigue, Jim persévéra et vit enfin au loin le haut du chapiteau. Il courut. Quand il arriva enfin au camp, il hurla à pleins poumons les noms de ses parents et de Ma-Rita avant de s’écrouler d’épuisement. Ceux-ci accoururent, inquiet de cette longue absence. Respectivement, ils prirent leurs enfants dans leurs bras et allèrent les allonger dans leur lit. Après avoir constaté qu’ils n’avaient rien de grave à part quelques écorchures et des brulures aux avant-bras, les trois adultes purent pousser un soupir de soulagement. Cela ne faisait que deux trois heures que les deux Passidiens étaient ensemble et déjà ils leur arrivaient quelque chose, se dit Ma-Rita. Et ils leurs en arrivera bien d’autres !

A ce moment-là, la gérante vit Jim commencer à se réveiller. Elle l’aida le mettre assit sur son lit et lui proposa une tasse de chocolat chaud.

« Merci, dit Jim.
— Maintenant, explique moi ce qui c’est passé.
— D’accord. »

Jim lui raconta dans les moindres détails leur péripétie (à part le faite qu’ils avaient utilisé les chemins des champs) en passant par l’hélicoptère et les cris de douleur horrible pousser par Mona. Ma-Rita trouva l’acte du garçon très courageux. Il aurait pu laisser sa fille là pour aller chercher du secours ou juste crier qu’ils avaient besoin d’aide mais il avait décidé de la prendre avec lui pour ne pas l’abandonné.

« Tu es sur de ne rien avoir inventé ?
— Non, je te le jure.
— Je peux te faire confiance ?
— Oui !
— Bien. Alors je vais te demander un petit service : je veux que tu gardes un œil sur ma fille et la protège quoi qu’il arrive. »

Jim fut un dérouté de la requête de la dame mais se dit que si il pouvait avoir l’intégralité de la confiance de la gérante, il serait plus vite intégré.

« D’accord. Je veillerai sur Mona.
— Bien. Ca me fait déjà un poids d’enlever sur mes épaules. Merci, Jim. »

Sur ces mots, elle s’en alla pour aller rejoindre Bruno et Maria. Le couple étaient soulagé que leur garçon était enfin réveillé mais n’alla pas le voire tout de suite pour qu’il puisse se reposer.

Pendant ce temps, Mona commença à doucement battre des cils et sortit de son sommeil. Elle vit Jim sale avec son short et ses genoux déchirés. Elle demanda des explications que le garçon fourni immédiatement.

« Je t’ai porté sur mon dos lorsque tu t’es évanouie et t’ai ramené ici.
— Et pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi tu n’as pas juste été cherché de l’aide ?
— Parce que je ne voulais pas te laisser seule et aussi parce que je voulais au plus vite t’amener aux parents. Mais si je peux faire une réflexion : fait un régime parce que tu n’en as pas l’air mais tu pèses une tonne ! »

Mona rigola au commentaire de Jim et le serra dans ses bras. Le garçon vira au pourpre quand elle l’enlaça mais se décrispa en fin de compte.

« Merci, ça fait déjà la deuxième fois que tu me sauves la vie dans la journée dit-elle. »

Le garçon ne compris pas le sens du mot deuxième mais répliqua :

« Il n’y a pas de quoi. Je te promets de recommencer si ça se reproduisait. Et puis, c’est aussi à ça que serve les amis.»

Ces mots touchèrent Mona et sentit au plus profond d’elle que c’était lui qu’elle cherchait. Cette personne avec qui elle pourrait jouer, rire, pleuré, se battre ou avouer ses secrets et être comprise. Enfaite, elle cherchait tout simplement un ami.


Dernière édition par miissmoon13 le Mar 14 Mai - 18:26, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Lumière et Ombre   Sam 14 Avr - 13:56

Chapitre 3 :
Le premier jour d’école




Jim eut pris un malin plaisir de réveiller Mona à six heures du matin. Cette dernière l’était beaucoup moins. Elle avait été sortie de son sommeil à cause du réveil, comme d’habitude, mais celui-ci avait été soigneusement posé sur sa joue de manière à ce que la sonnerie aille directement dans son oreille. Ce fut brutal mais au moins, elle était debout.
Elle se rinça le visage d’eau froide et enfila une chemise blanche et un pantalon à bretelle retombante attachant ensuite ses cheveux, comme dans son habitude, en queue de cheval. Jim n’étant pas encore prêt en bas, elle sauta par la fenêtre au lieu de passer par la trappe n’oubliant pas de prendre son sac d’école poser sur la commode. Mona passa par les cuisines pour prendre une brioche au sucre comme petit déjeuné et croisa Jim à la sortie. Elle ne put s’empêcher de rire en voyant les cheveux noirs de son meilleur ami impeccablement coiffé.

« Quoi ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
— On dirait un premier de la classe ! Tu sais qui tu vas attirer coiffé comme ça ?
— Non ?
— Les intellos ! Attends, je vais rectifier ça. »

Elle s’approcha de Jim et lui ébouriffa les cheveux.

« Voilà ! Comme ça c’est beaucoup mieux ! Tu as l’air normale enfin, plus ou moins.
— Comment ça « Plus ou moins » ? »

Mona lui tourna le dos en pouffant. Il avait mit sa chemise à l’envers et on en voyait toutes les coutures. Jim s’est rendu de sa distraction quand ils étaient dans le bus pour Bourg-en-Ville. Ne voulant pas arriver à l’école tout débraillé, il s’était changé dedans faisant fondre les trois jeunes filles qui étaient à côté. Mona roula des yeux.

« C’est sur que l’on pas se faire remarquer, maugréa-t-elle. »

Ils arrivèrent à l’E.E.S.B.E.V (Ecole d’étude secondaire de Bourg-en-Ville) avec plus d’un quart d’heure d’avance. Mona accompagnée de Jim passa le grand portail en métal qui s’éparait leur école à la rue et entra dans la cour. Bien qu’elle soit déjà passée devant plusieurs fois, le bâtiment lui semblait beaucoup grand que quand elle le regardait depuis le trottoir. Il comprenait cinq parties : le gymnase, le réfectoire, le bâtiment des sciences et laboratoire, celui des langues et enfin le bâtiment d’histoire et géographie. Ces trois derniers comprenaient trois étages où étaient répartit soixante classes pouvant contenir vingt-cinq élèves. Mona avait put lire tout ça sur le dépliant que Ma-Rita leur avait donné et elle ne voulait même pas faire le calcul de combien il pouvait y avoir d’élève. Mais cela la rassura en un point car du coup, on allait moins les remarquer.
Enfin, c’est ce qu’elle pensait.
A peine avaient-ils passé le grillage que des dizaines de paires d’yeux se braquaient sur eux. Ils les dévisagèrent et Mona avait peur qu’ils n’avaient découvert qu’ils étaient des Passidiens mais elle entendit quelque chose dans la foule qui la rassura.

« Ce ne serait pas des membres du cirque prêt de Laro ? demanda une fille.
— Je pense. J’ai déjà été les voire avec ma famille. Le spectacle est sympa. »

Mona soupira de soulagement pensant qu’elle allait être tout d’un coup être menacée par des fourches et des torches et se détendit. Ils allèrent jusqu’à l’administration qui leurs donna un horaire, un plan chacun et une listes des différents club où ils pouvaient s’inscrire. Jim remarqua dans le hall des casiers, un grand panneau où étaient punaisé plusieurs affiches. L’une d’entre elle était celle du cirque où l’on voyait tous les membres de la troupe en pleine action. Quelques élèves les avaient reconnus mais le reste les distinguait plus pour leur grandeur et leurs éclatants yeux bleus cependant, aucun ne firent le point et heureusement !
Quand la sonnerie retentit, Jim et Mona se dirigèrent vers le bâtiment des sciences et laboratoires pour leur cours de math avec une certaine Mme Drico au deuxième étage, local six. Tous les autres élèves allèrent s’installer à leur place exceptés les deux nouveaux qui se firent présenté par le professeur.

«Mes chères élèves, voici Mona et Jim. Ils sont tous les deux nouveaux et viennent du cirque Eclats de Lune à Laro. Qu’ils s’intègrent sinon vous allez avoir de gros problèmes. Mona tu peux aller t’asseoir à côté du banc de Kita là-bas et toi Jim à côté de Grégory.

Mona se dirigea vers sa place mais entendit un garçon tousser doucement « Bêtes de foire ». Elle l’ignora se disant qu’elle se vengerait et s’assit à côté d’une jeune fille aux traits asiatique.

« Je m’appelle Kita et toi Mona c’est ça ? demanda-t-elle.
— Oui.
— Si tu le souhaites je veux bien te faire visiter l’école tout à l’heure à toi et ton ami, proposa la jeune fille.
— Merci, c’est gentil de ta part.
— Prenez vos fascicules chapitre six pages cent-dix, dit Mme Drico.
— Mais Madame, on était déjà à la page cent-vingt-cinq ! dit un garçons derrière.
— Oui mais nous allons devoir tout réexpliquer pour les deux nouveaux. Maintenant, assieds-toi Grégory et tais-toi ! »

Tout le monde protesta dans la classe et quelque uns fusillèrent du regard Mona. Celle-ci ne voulant s’attirer les foudres des autres élèves intervenu, proposant quelque chose au professeur.

« Mettez moi un calcul de la pages d’ou vous étiez, peut être arriverais-je à le résoudre, dit Mona.
— Si tu le souhaites, dit Mme Drico avec un léger sourire aux coins des lèvres. »

Mona vint résoudre le calcul que le professeur de math venait d’écrire et le réussi aux grands étonnements des autres. Quand elle vint se rasseoir à sa place, elle remarqua que tout le monde la regardait éberlué.

« Pourquoi il me regarde comme ça ? demanda Mona à Kita.
— Parce que tu as réussis le calcul de fin de chapitre qui est donc le plus dur. Personne ici dans notre classe n’arrive à les faire tellement ils sont compliqués. Tu as été où à l’école ?
— On me donnait quelques cours aux camps de temps en temps.
— Tu es entrain de me dire que tu n’as jamais été à l’école ?
— Heu...oui. »

Kita n’en croyait pas ses oreilles et Mme Drico ses yeux.

« Et bien, dit-elle en se reprenant, je vois que vous ne perdiez pas votre temps au cirque ! Nous continuons là où nous en étions alors ! «

Mona, fière d’elle, écoutait le cours avec attention même si celui-ci n’était pas dur à comprendre quand elle reçu un petit papier volant qui vint se poser dans sa main. Elle l’ouvrit et lu : « Ce sera à cause de toi si un jour on est démasqué ! ». Elle le referma et écrits de l’autre côté : « Peut être quand les bouts de papier arrêteront de volé tout seul comme des hélicoptères ! » et demanda de le faire passer. Quand le destinataire reçu le message, il chiffonna le mot et cacha sa figure rouge derrière son cahier.
Après le cours de mathématique, ils continuèrent leurs prouesses dans les autres branches. Mona qui avait été traitée par un garçon du nom de Jeff, réussi à prendre sa revanche en répondant correctement à la question que l’on lui avait posée et lui glissa en toussant : « Gros nul ! ». Il était furax et humilié mais c’était bien fait pour lui.
A l’heure du diner, Kita leur proposa de venir manger avec et présenta tout son petit groupe. Il y avait les jumeaux Morgan qui était composé d’Eléha, une fille assez grande aux cheveux blonds et de son frère Grégory qui est comme sa sœur mais en plus masculin. Puis il y avait Dan qui était le comique de la classe mais il n’avait pas pu rester eux longtemps car il devait arranger une histoire de téléphone volé. Ils leurs firent visité l’école en passant par le gigantesque gymnase, les différents bâtiments et l’arrière de l’école qui cachait un terrain de sport, d’une piscine et d’un parc avec étang.

« C’est vraiment immense ici ! fit Mona.
— Il le faut : c’est l’une des seules écoles secondaires de la région ! On a le choix entre ici, celle de Jetocity et une autre à plus de cent kilomètres. J’aurai pu aller à Jetocity vu que mon père y travaille mais je n’aime l’ambiance du tout ! expliqua Kita.
— Pourquoi ? Tu es y est allée ? demanda Mona.
— Oui pour mon choix d’école. J’y suis allée durant les portes ouvertes mais rien que de savoir que je devais mettre un uniforme, j’ai refusé. On est bien mieux ici.
— Dites, c’est qui les gens là-bas qui nous regarde avec des mitraillettes à la place des yeux ? demanda Jim. »

Ils se tournèrent et virent sur un banc des filles et des garçons aux couleurs de l’école les regarder d’un drôle d’air.

«Oh eux ? Ce sont les « Populaires ». Ne faites pas attention à eux, ils n’en valent pas la peine.

Mona reconnu Jeff, le garçon qui l’avait traitée et aussi d’autres filles qui étaient avec elle en classe. Chacune la dévisageait avant d’embrasser fougueusement leur copain ce qui l’écœurait.

«Au faite Mona, dit Eléha, as-tu déjà choisi quel club tu allais intégrer ?
— Non, je n’arrives pas me décider.
— Tu n’as qu’à venir avec nous au club de gymnastique. Moi et Eléha y sommes inscrite comme ça tu ne seras pas toute seul, proposa Kita.
— En plus, ça ressemble à ce que tu fais au cirque donc tu ne devras pas avoir de problème à t’intégrer ! ajouta Eléha.
— C’est d’accord !
— Géniale ! Et toi Jim, tu vas aller avec les garçons au basket ? Je suis sur que tu seras un bon atout avec ta taille.
— Je pense que oui, répondit-il. Grégory me l’avait déjà proposé tout à l’heure.
— Parfait ! Je vous conseille d’aller vous inscrire avant la fin des cours comme ça vous pourrez commencer dés aujourd’hui. »

Tout deux suivirent le conseille de Grégory et s’inscrire chacun dans leur club respectif. A la fin de la journée, Mona et ses deux nouvelles amies allèrent au gymnase pour leurs cours. Mlle Chikdon fut impressionnée par sa souplesse et son équilibre et ne fut pas surprise après de savoir qu’elle était contorsionniste. Elle s’était faite aussi une nouvelle amie, Cali, qui était la capitaine de du groupe. Elle était en dernière année mais n’avait pas la grosse tête, comme certains, n’hésitant pas à défendre un membre plus jeune. Elle en fit d’ailleurs la démonstration à la fin de la session.
Le groupe des pom-pom girl qui avait fini, passa en plain milieu de leur partie de terrain poussant certaines filles.

« Ho ! Clothilde ! Dit un peu à tes coéquipières d’arrêter de nous interrompre s’il te plait ! cria Cali en direction d’une fille rousse.
— Interrompre qui ? Ces verres de terre qui se recroquevillent dans tout les sens ? Laisse moi rire ! Vous ne valez rien, vous, les gymnastes, comparez à nous, les pom-pom girl. Je me demande pourquoi tu restes toujours avec ses bras casser, Cali.
— Je te le redemande encore une fois Clothilde : dégage !
— Oh ! Mais je vois que la petite nouvelle a intégré les nuls ! Il paraît que tu as humilié mon petit copain Jeff tout à l’heure en chimie ?
— Ah bon ? C’est Jeff ton copain ? Je pensais que c’était l’autre brun aux yeux gris avec qui tu échangeais ta salive à la récré ? répliqua Mona. »

Le groupe de basket passant à ce moment-là, le ledit copain entendit la révélation que Mona venait de faire et vit rouge.

« Et avec qui ?! cria Jeff furax.
— Mais... je n’ai jamais embrassé qui que ce soit mise à part toi ! menti la jeune fille.
— Tu mens ! Ce n’est pas la première fois que l’on me raconte que tu me trompes ! C’est Anthony c’est ça ?! cria le joueur de basket. »

Clothilde aussi rouge qu’une tomate, ne réussit pas à sortir un mot pour prouver son innocence.

« J’en était sur, répondis Jeff. C’est bon, va avec lui, c’est fini entre nous ! «

La jeune fille se mit à pleurer et supplia Jeff de lui laisser une deuxième chance mais il fit la sourde oreille et partit. Toutes les pom-pom girl et amies de Clothilde l’entourèrent et essayèrent de la calmer mais elle les chassa d’un geste de la main. Elle essuya ses joues humides et lança un regard de haine atroce à Mona.

« Tout ça c’est de ta faute la nouvelle ! Si tu n’avais pas ouvert ta grande gueule de bête de cirque, Jeff ne m’aurait pas quitté ! Je vais de tuer ! »

Clothilde courut vers Mona, le poing lever, pour la frapper. Cali, qui avait anticipé l’attaque de la rousse, la retenu mais reçu un méchant coup de coude qui l’a fit lâcher prise. La peste sauta sur Mona et lui griffa le visage à plusieurs reprises. Jim, voyant que son amie avait besoin d’aide, souleva Clothilde et la poussa pour qu’elle soit le plus loin possible de la jeune Passidienne. Elle était prête à s’attaquer à Jim quand les professeurs intervinrent.

« Clothilde ! cria Mlle Chikdon, l’entraineuse des gymnastes. Chez la directrice ! Immédiatement !
— Mais...mais...
— Tout de suite ! Et exclue du groupe pour le mois ! ajouta la coach des pom-pom girls. »

Clothilde, rouge de colère et de honte, quitta le gymnase accompagnée d’une des professeures pour aller voire la directrice.
Mona était encore sous le choc de son agression quand Jim lui proposa de l’aider à se relever.

« Ca va aller ? demanda-t-il.
— Oui, je crois.
— Mona, dit Kita, tes joues saignent.
— Oui, ajouta Eléha, tu es toute griffée. Et toi Cali, ca ira ?
— Ouai, ouai mais cette peste m’a donné un sacré coup à la mâchoire !
— Allez toutes les deux à l’infirmerie pour vous faire soigner. Je l’appelle tout de suite pour lui dire que vous arriviez, fit l’entraineuse»

Mona emboita le pat à Cali qui connaissait mieux l’école qu’elle, accompagnée de son meilleure ami. L’infirmerie se trouvait non loin du gymnase, prêt de l’administration dans le bâtiment des langues. Durant le trajet, Jim lui glissa à l’oreille :

« Ca s’annonce mal : tes griffures sont déjà entrain de se refermer. »

En effet, Mona s’entait les plaies se refermer et elle avait peur que Cali ne le remarque. Pour les cacher, elle détacha ses cheveux et baissa légèrement la tête pour que sa chevelure dissimule ses joues. Elle rouvrit les plaies aussi les plaie avec ses ongles pour que ses blessures paraissent plus « fraiches ». Arrivés là-bas, les trois adolescents se firent accueillir par une infirmière aux cheveux roux. Mona espéra au fond-elle que malgré la même couleur de cheveux, elle n’avait rien d’autre en commun avec Clothilde !

« Bonjour, je suis l’infirmière Amanda Fitcher. Asseyez-vous, je vais vous soigner. »

Mona et Cali s’installèrent sur un lit et se firent occulter par la jeune femme.

« Ca va. Tu n’auras pas besoin de points de sutures. Juste une question : comment t’es-tu fais ça ?
— L’entraineuse Chikdon ne vous a pas raconté ? dit Cali. C’est Clothilde qui a petté un câble sur la nouvelle juste parce qu’elle avait raconter la vérité !
— C’est vrai ? demanda l’infirmière à Mona qui lui répondis par un petit signe de tête. Encore ?! Mais elle n’est pas possible ! Elle va finir par se faire renvoyer une nouvelle fois pour finir ! Qu’est ce que l’on va bien pouvoir faire de cette gamine ! »

Sur ces mots, elle s’éloigna pour aller chercher le matériel nécessaire pour soigner la Passidienne. Cali en profita pour expliquer certaine chose :

« Tu sais, si l’infirmière Fitcher s’inquiète tellement pour le cas de Clothilde, c’est parce qu’elle est sa sœur. Elle s’est déjà faite renvoyée de plusieurs écoles et au départ, la direction ne voulait l’accepter ici. C’est son ainée qui a supplié la directrice pour qu’elle soit admise à cette école. En échange, Amanda devait travailler ici, à l’infirmerie, au lieu d’un autre emploi mieux payé.
— Houa ! Elle a sacrifier un meilleur travaille pour sa sœur. Elle doit beaucoup y tenir.
— Ouai. Elle fait tout pour la remettre dans le droit chemin mais Clothilde s’en fiche totalement et la traite comme un déchet.
— Elle doit être déterminée et beaucoup l’aimer.
— Plus que Clothilde ne le pense. »

Mlle Fitcher arriva avec un plateau remplit de fourniture et fit le nécessaire pour soigner les deux blessées. Elle donna une poche de glace à Cali, désinfecta les plaies de Mona avec un coton puis la pansa.

« Voilà ! J’ai fait le nécessaire. Si vous avez encore mal, n’hésité pas à revenir.
— Merci.
— Dites, ajouta Mlle Fitcher quand les trois adolescents allèrent quittés la pièce, excusés ma sœur. Elle n’est pas très bien dans sa peau et passe son mal-être sur les autres. Je sais que vous la détestiez mais ne lui faites pas de mal s’il vous plait. »

Cali roula des yeux et sortit de la pièce ignorant l’infirmière Fitcher. Jim quitta la salle la aussi mais Mona ne voulait pas les rejoindre avant de répondre à la jeune femme :

« Je ne vous promet rien mais j’essayerai.
— C’est déjà ça. Merci. »

Elle lui adressa un sourire et rejoignit son meilleur ami et la capitaine de l’équipe dans le couloir.

« Tu es trop gentille la nouvelle mais bon, tu fais comme tu veux, dit Cali en regardant l’horloge accrochée au plafond. Ca ne sert à rien de retourner au gymnase, allons directement aux vestiaires. Dites, ça vous dirait une glace ? Il me faut un remontant après ce qu’il s’est passé. »

Les deux nouveaux élèves acquiescèrent et suivirent la jeune fille. Après s’être habillés, ils allèrent jusqu’à la place chez le glacier. Quand ils l’eurent dégusté et trainé dans la petite ville, les trois adolescents retournèrent chacun de leur côté. Arrivés au camp, Mona et Jim firent leurs devoirs dehors en compagnie de Jule.

« Tiens donc ! Revoilà la petite tête blonde ! dit Jim. Eh ! Mais on ne t’a pas vu à l’école ?
— Normal, répondis le fils de la gérante, j’étais en voyage scolaire toute la journée. Dommage, j’ai raté votre premier jour d’école.
— C’est nul parce que tu as manqué l’accrochage entre ta sœur et Clothilde !
— Quoi ?! La Clothilde Fitcher ? Oh oh ! Tu t’es attaqué à du lourd là. Et ça va ?
— Oui, elle m’a juste griffé le visage à sang mais ça a déjà disparut.
— Et elle ?
— Elle est allée chez la directrice et suspendue des pom-pom girls pendant un mois.
— Elle va surement se venger.
— Je n’ai pas peur d’elle et puis, je suis une Passidienne !
— Hum. Fais gaffe tout de même. »

A ce moment, Ma-Rita appela les trois adolescents pour l’aider à mettre la table. L’heure du souper venu, toute la troupe vint s’installer et manger les délicieux plats préparés par Vivianéria la cuisinière, dite Vivi.
Après le repas, Mona sortit de table avant tout le monde pour s’éloigner du camp. Assez loin pour ne plus que l’on ne l’entende, elle s’assit dans l’herbe et sortit de sa poche, une petite boite ronde métallique. Grace au pendentif en forme de lune qu’elle portait à son coup, elle l’ouvrit actionnant une chansonnette et l’écouta. Elle se laissa emporter par la musique qui la rendait nostalgique.
Cette boite à musique était le seul objet qui la liait à ses défunts parents. Une photo d’eux était même présente dedans, représentant deux adultes aux visages presque effacés et d’un bébé au fin duvet blond sur le crâne. Ma-Rita avait trouvé ce boitier lorsqu’elle avait découvert Mona sur le palier de sa roulotte et le lui avait donné quelques années plus tard. Depuis, elle ne s’en séparait plus étant la seule attache qui la liait à eux. Elle aimait, comme aujourd’hui, écouter la mélodie procurée par la boite métallique à l’écart des autres. Seule et au calme, elle pouvait libéré sa tristesse, celle de ne pas avoir connu ses parents ni de les avoir aimé. Elle aurait voulu les rencontrés ne serait-ce qu’une journée pour voire à quoi ils ressemblaient, quelle était leur odeur, leur amour pour elle, ... Toutes ces petites choses aurait pu l’aider à se sentir un peu moins abandonnée.

« Rien de cela ne serait arriver si je n’aurai pas été une Passidienne, dit-elle tout haut. »

Cette idée lui revenait souvent en tête. Aurait-elle eut une meilleure vie en étant humaine ? Surement car ses parents seraient vivants. Elle n’aurait pas dut non plus cacher ses pouvoirs en permanence vu qu’elle n’en aurait pas eut et aurait pu aller à l’école dés son plus jeune âge comme tout le monde. Enfaite, Mona aurait pu être une adolescente normale et épanouie si elle aurait été Terrienne. Cependant, le destin en avait choisi autrement et elle ne pouvait rien n’y faire.

« Tout ça à cause du destin ! »

Soudain, Mona fut interrompue dans ses pensée par un bruit suspect venant de derrière. Elle se retourna d’un geste brusque fermant à toute vitesse sa boite à musique. Avait-elle rêvé ou bien quelqu’un était entrain de l’espionner durant ce moment d’intimité ? Elle fut certaine de sa lucidité quand elle entendit du mouvement au loin. Une ombre avançait vers elle doucement puis, bizarrement, disparut. Mona cligna plusieurs fois des yeux se demandant si son esprit un peu embrumé ne lui avait pas joué de tour. Avait-elle bien vu la silhouette au loin ou l’avait-elle imaginé comme le bruit de pat ? La jeune fille se détendit, elle qui avait prit une pose de combat tellement elle avait eut peur, et allait se retourner quand elle sentit un souffle chaud derrière sa nuque. Elle poussa un cri de peur aiguë avant de tomber les quatre fers en l’air. Quand elle reconnut la personne qui lui avait fait tant peur elle ne put s’empêcher de crier :

« Jim ! »

Celui-ci qui avait les oreilles entrain de bourdonner à cause du cri, tendit sa main en signe d’excuse pour la relever.

« Mais qu’est ce qui t’es passé par la tête pour venir me faire peur dans un moment pareil ?! cria Mona encore sous le choc.
— Je ne sais pas. J’ai entendu des sanglots alors que j’étais entrain de faire ma balade nocturne et je me suis rapprocher pour voire qui c’était. D’ailleurs, pourquoi tu pleurais ?
— Là n’est pas la question. Pourquoi es-tu passé derrière ? Tu m’as fait super peur !
— Désolé mais pourquoi tu pleurais ? demanda-t-il encore.
— Pour rien, ça ne t’intéresse pas ! lui dit-elle en lui le dos. »

Jim parcouru du regard l’endroit et remarqua un objet brillant dans l’herbe. Quand Mona reconnu sa boite à musique, elle voulut la reprendre mais son meilleur a été plus rapide qu’elle et la lui vola.

« Rends-la moi ! ordonna la Passidienne.
— Non ! »

Tout en repoussant la jeune fille, il essaya d’ouvrir la boite métallique de plusieurs manière passant de ses ongles à ses dents mais aussi par son couteau.

« Donne moi la clé s’il te plait.
— Jamais ! dit-elle en portant sa main à son coup. »

Mona se rendit compte de la bêtise qu’elle avait fait avec ce geste. Jim sourit.
Il essaya de lui enlever le pendentif sans succès tellement la Passidienne bougeait. Lui vint alors une idée pour l’immobiliser.

« Mona, vient faire un câlin à ton meilleur ami ! »

D’un mouvement rapide, il l’enlaça, à l’aide d’un seul membre, la jeune fille de façon a ce qu’elle ne sache même plus bouger ses bras ni ses jambes. Avec l’autre main, il fit entrer le collier dans la serrure. Malgré ses protestations et ses débats, Mona ne parvint pas à convaincre son meilleur ami de ne pas ouvrir le boitier. Après le déclic, Jim s’éloigna de quelques pats repoussant un peu trop violement son amie. Bien sur, quand il l’ouvrit, il ne s’attendait pas à trouver quelque chose de si personnel et c’est avec les lèvres pincées et la mine désolée qu’il dut affronter le regard emplit de haine et de tristesse de la jeune fille.

« Mona... Je suis désolé. »

Bizarrement avec ces seuls mots, elle lui pardonna. Elle s’assit dans l’herbe, imitée par Jim, les joues ruisselantes de larmes.

« De toute façon, ils sont morts. Je ne vois toujours pas pourquoi je crois encore à les retrouver.
— Ne dis pas ça. Tu n’en es pas certaine à cent pour cent. Il faut toujours croire au destin.
— Je n’y crois plus au destin. C’est à cause de lui que je suis une Passidienne et que mes parents ont disparut. »

Jim prit Mona par l’épaule.

« Moi je suis content d’être un Passidien car même si j’ai été séparé de ma famille biologique, j’en ai une autre maintenant. Tu te rends compte : si on n’aurait pas été des Passidiens, on se serait peut être jamais connu ! »

Il y a avait du vrai dans les paroles de Jim. Jamais elle n’aurait rencontré Ma-Rita, Jule, les autres artistes du cirque. Peut être n’aurait-elle jamais été contorsionniste !

« Tu as raison, admit-elle, on aurait jamais été meilleurs amis. Je vois mal ma vie sans toi, ton humour, ta joie de vivre, sans tes... »

Mona pensa aux yeux de Jim quand il l’a regardait faire numéro.
Elle sourit et posa sa tête sur l’épaule du garçon.
Avant qu’elle ne le rencontre, elle n’appréciait pas beaucoup sa vie, s’ennuyait assez.

« Jim est la plus belle chose que j’ai eu en ce moment, dit-elle tout bas. Merci à toi le destin, tu as réussi à mettre de la lumière dans ma vie. Tu n’es peut être pas si mauvais en fin de compte. »







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miissmoon13
Brise
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MessageSujet: Re: Lumière et Ombre   Mer 16 Mai - 18:56

Chapitre 4 :
Comme nous



Réveillée par un livre qui était tombé, Mona fut debout bien avant six heures. Un miracle si l’on peut le dire. Curieusement, elle était de bonne humeur et ne se recoucha pas dans son lit ce qui devenait du surréel. Elle prit le temps de s’apprêté correctement osant mettre une jupe, un tee-shirt et des sandales. Après avoir coiffé ses cheveux pendant au moins vingt minutes pour faire un chignon, elle descendit les escaliers menant à la chambre de Jim qui dormait encore. Elle avait l’idée de le réveiller, comme il le faisait souvent avec elle, mais se dit que c’était une blague d’assez mauvais gout. Et puis, elle n’allait pas se mettre à ce genre de farce débile. Tout en sautillant, elle ouvrit la porte d’entrée.
Sa joie s’envola.
Il pleuvait dehors. C’est avec un moins beau sourire qu’au départ qu’elle rentra à pour se changer. Et pour bien montrer qu’elle était maintenant de mauvaise humeur, Mona retourna le hamac de son meilleur ami qui se retrouva à terre.

« Hé ! rouspéta-t-il. Ca ne va pas la tête !
— Bien fait, dit-elle la mine renfoncée.
— Je vois que tu t’es levée du pied gauche... et que tu t’es réveillée super tôt ! dit-il en voyant l’heure qu’indiquait son réveil. Il n’est même pas six heures ! Pour une fois ce n’est pas de ma faute.
— Le Destin a décidé de me pourrir la journée.
— C’est sur que ce n’est pas habillée comme ça que tu ne vas pas être mouillée. Quel temps !
— Dire que j’étais d’assez bonne humeur avant de voire cette pluie !
— Ca veux peut être dire quelque chose ? proposa Jim.
— Comme quoi ? demanda Mona.
— Le Destin essaye peut être de te dire qu’il va y avoir un événement spéciale et que tu as intérêt à mettre plusieurs couche ?
— Ha ! Ha ! Ha ! Très drôle ! Je vais me changer, tache de faire la même chose. »

Sur ce, elle monta et se rhabilla. Elle mit un simple jeans, un gilet au dessus de son tee-shirt et une bonne paire de basket. Elle prit dans son sac, un deuxième pantalon et un autre pull au cas ou le Destin aurait raison. Elle prit un parapluie et un manteau puis s’en alla.
Jim qui la rejoignit dehors fit une réflexion sur ce premier :

« Wow ! Un parapluie jaune ! Ce n’est pas un peu flash comme couleur ?
— Au moins, la pluie semblera moins triste. Et puis, c’est la couleur du soleil. Il reviendra peut être avant la fin de la matinée avec. »

Jim haussa des épaules et s’abrita en dessous.
Pour le moment, les deux adolescents avaient assez de chance : le bus était à l'heure, ils avaient des places assises dedans, Jim trouva un billet par terre,... Tout portait à croire que le Destin était avec eux ou qu'il ne présageait pas ce qui allait se passer à l'école.
Alors que Jim et Mona allaient rentrer dans le bâtiment des langues, cette dernière percuta involontairement une autre jeune fille.

« Excuse moi, dit la Passidienne en ramassant son sac à terre. Je ne t'avais pas vue.
— Ce n'est pas grave. C'est de ma faute, j'étais distraite et je ne t'es pas vu arrivé.»

Mona redressa la tête pour distinguer la personne qui se trouvait devant elle et une chose bizarre se produit quand elle croisa son regard : comme lors que sa rencontre avec Jim, les yeux rouges de la fille et bleus de Mona brillèrent. De même qu'il a y à cinq ans, la Passidienne sentit être connectée à l'esprit de l'inconnue. Le choc du retour à la normale ne fut pas aussi fort qu'avec son meilleur ami mais elle fut si déstabilisée qu'elle tomba à terre. Le temps qu'elle retrouve ses esprits, l'étrange jeune fille avait disparut la laissant au sol, les fesses dans une flaque d'eau. Mona resongea à la scène.

« Cela ne veut dire qu’une chose... »

Jim qui avait tout vu, vint aider son amie.

« Ca va aller ? demanda-t-il assez inquiet.
— Oui je pense. Tu as vu ce qui c’est passé ?! C’est incroyable ! Elle est comme nous, c’est une... »

Mona ne sut terminer sa phrase car la sonnerie retentit. Elle passa rapidement par les toilettes pour changer son pantalon trempé. Heureusement que Jim lui avait recommander d’en prendre un de rechange, sinon elle aurait dut se balader avec un vêtement mouillé une bonne partie de la matinée.
Pendant tout le cours d’anglais, elle ne put s’empêcher de penser à cette fille. Il fallait qu’elle la retrouve mais elle ne connaissait rien d’elle à part qu’elle avait les yeux rouges, de longs cheveux blonds tressés, qu’elle était assez grande et mince. Elle ne savait ni son âge ni dans qu’elle classe elle était. Mona décida donc de mener sa petite enquête pour découvrir qui était cette mystérieuse fille.

« Et si je me trompais, se dit-elle. Elle n’est peut être pas comme nous tout compte fait. Cette fille à peut être juste eut peur en voyant mes brillés ? »

Mona espérait que ce n’était pas la deuxième solution car cette élève pouvait la dénoncer à l’Armée Spéciale.
Lors d’une heure de fourche, la jeune Passidienne se renseigna sur la jeune fille aux yeux rouges. Beaucoup savait de qui elle parlait mais personne ne sut lui donner son nom. Mona alla donc, en dernier recourt, demander à son frère Jule.

« Je vois de qui tu parles. Elle s’appelle Tia Collin. Au début de l’année, elle était avec moi mais elle a sauté de plusieurs classes. Il paraît que c’est un vrai génie ! expliqua-t-il à sa sœur.
— Tu es sûr de ce que tu dis ?
— Bah oui ! Quelques amis et moi avons fait une liste de toutes les pom-pom girls car tu sais, elles ont la réputation de faire sale blague aux premières. Comme ça, on est sûr de qui il faut se méfier.
— Je ne sais pas ce qui dois me surprendre : que cette Tia fasse partie du groupe des pimbèches ou toi et tes potes qui avez fait un répertoire ? ironisa-t-elle.
— Ha ! Ha ! Très drôle ! Tu verras le jour où tu te retrouveras sans habits après le cours de gym. Là tu ferras appelles à ma précieuse liste !
— Je suis presque sûr que tu as déjà vécu cette expérience. Bon j’ai cours. Merci pour ces renseignements. A plus ! »

Mona quitta son petit frère pour partir à la recherche de Tia. Celle-ci fut introuvable et ce n'est qu'à la fin de la journée que la jeune Passidienne apprit qu'elle était partie plus tôt. Le lendemain non plus elle n'était pas présente donnant le cafard à Mona. Après une semaine, elle se demandait si elle allait la revoir un jour.

« Hey ! Tu m'écoutes ?
— Désolé Kita, je suis dans la lune. Qu'est ce qui ce passe?
— C'est plutôt à toi que je devrais demander ça mais bon. Je disais qu'il y avait un nouveau centre commercial à Glaiveland qui vient d'ouvrir. Il parait qu'il est deux fois plus grand que ceux déjà existant !
— Waw ! Ca a l'air génial. Dire que toi tu pourrais y être dés la fin des cours, dit Eléha à son amie de longue date.
— Pourquoi cela ? demanda Mona.
— Parce que mon père est directeur de la station de téléporteur de Jetocity. Je peux aller n'importe où quand je veux et avec qui je veux, expliqua-t-elle avec un grand sourire aux lèvres.
— Tu veux dire que tu pourrais nous avoir des tickets gratuits?! demanda Mona qui n'avait jamais utilisé de téléporteur de toute sa vie.
— Oui. D'ailleurs, c'est là où je voulais en venir, vous êtes tous invités a venir à Glaiveland avec moi ! »

Les cinq adolescents n'en croyaient pas leurs oreilles. La jeune fille dut répéter plusieurs fois pour qu'ils réagissent.
Un voyage jusque la capital de Rivèria pouvait couter au moins mille sinas ! Kita leur faisait un gros cadeau en leur offrant ces tickets. Personne ne trouvait de mot pour pouvoir la remercier.

« Ce n'est rien les amis. C'est ma façon de vous dire merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Et puis, c'est beaucoup mieux d'y aller avec vous que toute seule ! Je vous demande juste l'accord de vos parents pour passer le téléporteur de Jetocity.»

Mona et Jim se crispèrent. La station la plus proche était dans la ville qui abritait le Q.G. de l'Armée Spéciale. L'organisation a posté plusieurs centaines de soldat et des machines très sophistiquées pour reconnaître l'ADN des Passidiens à l'entrée des bâtiments là-bas. Ils n'y étaient jamais allé à cause de l'interdiction de Ma-Rita mais Kita leur expliqua quelque chose qui les rassura.

« Pour ne pas inquiéter vos parents, mon père a prit des dispositions pour nous faire passer aucun test ADN. Il pense bien que vous êtes humains. Et puis, c'est totalement débile toutes ces installations ! Quel Passidien irait faire un tour à Jetocity ?
— Nous, pensa Mona.
— Un suicidaire à mon avis ! blagua Grégory.»

Jim et Mona rirent jaune. Les deux Passidiens hésitaient à participer à ce voyage. D’un côté, ils avaient très envie d’aller à Glaiveland et de l’autre, ils pouvaient ce faire repérer par les engins de l’Armée Spéciale.

« Je voudrai que vous me disiez quoi ce soir vu que j’ai organisé cette sortie pour demain. Vous pensez que vos parents seraient d’accord ? demanda Kita.
— Normalement, nous oui. On a déjà utilisé les téléporteurs de Jetocity une fois. Ca ne devrait pas poser de problème pour nous, répondirent les jumeaux Morgan. Et toi Dan ?
— Ils ne devraient pas dire non.»

Quatre paires d'yeux se posèrent sur les deux Passidiens.

« Notre mère n'aime pas trop Jetocity. Elle a peur de tous ces tests et à mon avis, ce sera dur de la convaincre, expliqua Mona.
— Si tu veux, je veux bien demander à mes parents de la persuader ?
— Ok. Mais je vais d'abord le faire moi même. Peut être dira-t-elle oui.»

Mona et Jim s'absentèrent quelques minutes pour téléphoner à Ma-Rita. A leur plus grande surprise, celle-ci accepta sans faire d'histoire en échange qu'ils promettent de ne pas s'attirer des ennuis. C'est en sautillant de joie que les deux adolescents dirent leur réponse à leurs amis. Mona était tellement heureuse ! Et ce ne fut pas la seule bonne chose de la journée.
Durant le cours d'éducation physique, tout le monde avait bien rigoler lors de la chute de Clothilde qu'avait faite à cause d'un filet de volley. Dans toutes ces filles en plein fou rire, Mona remarqua une jeune fille aux yeux rouges et à l'épaisse tresse blonde. Elle l'a reconnu immédiatement.
C'était celle qu'elle avait cherché durant une semaine: Tia Collin ! Elle était en face de la peste et riait alors celle-ci lui hurlait de l'aider. La rousse se releva la traita avant de partir aux vestiaires. A la fin du cours, alors que Mona venait d'avoir terminer de prendre sa douche, elle rencontra Tia. Celle-ci lui tomba dans les bras ayant glissé sur flaque d'eau.

« Heureusement que tu étais là. Encore un peu et je me fracassais les dents contre le carrelage. Ho! Mais tu es la fille que j'ai bousculé l'autre jour, non? demanda-t-elle.
— Oui. Je ne crois pas que je me sois excusée cette fois-là?
— Si tu l'as fait. Mais c'était de ma faute. Je n'ai pas les pieds sur terre ces temps-ci et du coup je fonce dans un peu prêt tout. Excuse moi.
— Ce n'est pas grave. Je ne me suis pas présentée: Je m'appelle Mona.
— Et moi Tia. Désolée d'être aussi partie comme une voleuse l'autre jour. Je ne sais ce qui m'a pris, dit-elle soudain un peu gênée.
— Moi si ! pensa Mona. C'est déjà oublié, ne t'inquiète pas.
— Bon ce n'est pas que mais je dois y aller. On doit surement m'attendre. On se voit lundi en cours de science?
— Tu es avec nous? Il me semblait que tu étais plus jeune?
— Je le suis mais j'ai sauté de deux classes. Allez, a plus! dit-elle en faisant un signe de main.»

Mona était maintenant presque sur de ce qu'était réellement Tia mais il lui manquait une preuve plus concrète qu'un passage d'année. Néanmoins, elle était contente d'avoir put lui parler.
En rentrant au campement, elle pouvait en raconter des choses! Surtout de leur voyage à Glaiveland. Jim et elle se vantèrent de la chance qu'ils avaient auprès de Jule et des autres membres de la troupe. Beaucoup d'entre eux d'ailleurs leur demandèrent de leur apporter quelque chose venant de Glaiveland donnant l'argent nécessaire pour les achats. Ils se demandaient comment ils allaient faire pour transporter tous ces souvenirs avec seulement quatre bras !
Après le souper, dans sa chambre, Mona n'arrivait pas à dormir tellement elle était excitée. Ne trouvant pas le sommeille, elle alla voire son meilleure ami un étage plus bas.

« Je suis trop impatiente d'y être. Tu te rends compte de la chance que l'on a ! Aller à Glaiveland en téléporteur, on n'aurait jamais eut ça sans Kita ! Vivement demain!
— Si on veut profiter de ta journée là-bas, il vaudrait mieux que tu ailles te coucher et que tu me laisses dormir! grogna Jim.
— Mais je n'y arrive pas ! dit-elle en sautillant dans toute la pièce.
— Alors j'ai exactement ce qu'il te faut ! dit-il en cherchant quelque chose dans son tiroir. Approche.»

Elle vint prêt de lui et celui-ci lui fourra une plante sous le nez. A peine avait-elle reconnu l'odeur qu'elle s'endormi. C'était une belladormicus, une fleur orange tachetée bleu au pouvoir soporifique. C'est sur qu'avec ça elle allait trouver le sommeil, et pendant plus de dix heures ! C'est en catastrophe qu'elle se leva le lendemain matin avec plus d'une demi heure de retard. Elle maudissait son ami d'avoir utilisé cette plante afin qu'elle arrête de parler. Maintenant, elle allait peut être raté sa chance de visité Glaiveland.
Arrivée devant l'école, leur point de rendez-vous, Mona dut s'expliquer devant ses amis. Mais ceux-ci avaient été prévenus par Jim qui était arrivés avant elle. Ils rentrèrent dans un mini bus et partirent en direction de Jetocity. Après plus d'une demi heure de trajet sur des routes bordées de champs et de prairies, le petit groupe aperçut enfin la ville dominant le lac. La douane passée, ils purent enfin l'admirer de l'intérieur.
La cité était disposée en échiquier, comme dans les anciennes villes romaines, séparant par quartier les différentes professions. Les bâtiments étaient haut et de matériaux foncés lui donnant un air lugubre mais les spots et autres éclairages la rendaient moins froides. A plusieurs reprises Mona vit des postes mobiles de l'Armée Spéciale. Certains les stoppaient mais le chauffeur montrait un laissé passé qui leur évitaient les contrôles. Malgré tout, Jim et elle s'arrêtaient de respirer quand ils les croisaient.
Enfin, les six adolescents arrivèrent à la station de téléporteur. Sortit du mini bus, Mona, Jim, Eléha, Grégory et Dan furent accueillit par le père de Kita. Celui-ci les fit entrer par une porte de service évitant ainsi les tests ADN. Après avoir traversé une bonne dizaine de couloir, ils parvinrent enfin à la salle de téléportation. C'était une pièce assez grande où bourdonnaient des machines des plus sophistiquées. Une hôtesse leur demanda d'aller tous les six se positionner sur une plateforme et leur dicta les consignes de sécurité:

« Vous ne devez avoir aucun contact entre vous, cela pourrait entrainer un mélange de vos molécules. Veuillez enlever vos sac et me les donner. Ils feront un voyage à part. A l'arrivée, si c'est la première fois que vous voyagez ou que vous avez le mal du transport, il est possible que vous ayez des réactions tel que le vomissement ou le manque d'oxygène. Cela est normal et des infirmiers sont mis à votre disposition pour vous aider. Enfin, si vous êtes enceinte ou ayez des organes artificielles veuillez nous le signaler. Des questions?
— C'est douloureux? demanda Mona.
— Absolument pas. Autre chose? (Personne ne répondit) Et bien bon voyage et séjour à Glaiveland. La téléportation commence dans vingt secondes. Merci d'avoir fait appel à notre compagnie. »

Les machines se mirent en route et firent un brouhaha d'enfer. Soudain, un bruit ressemblant au tonnerre retentit. Un flash illumina la pièce et les cinq adolescents disparurent. Pendant un bref instant, Mona sentit un vent froid parcourir tout son corps et avait la drôle impression d'être liquide et dans le désordre. La seconde d'après, la chaleur réapparut et elle redevint solide. Quand elle sentit le sol sous ses pieds, elle ouvrit les yeux pour voire si elle était en un seule morceau mais sa vérification fut interrompue. Quelque chose ne fonctionnait pas normalement dans son corps et quand elle trouva ce que c'était, elle porta ses mains à sa gorge.

« Je ne sais plus respirer, pensa-t-elle avant de s'écrouler »
Un homme accourut vers elle. Il appuya plusieurs fois avec force sur son thorax pour refaire fonctionner ses poumons et lui posa un masque à oxygène sur le bas de son visage. Quand Mona sentit l'air emplir sa poitrine, elle fut soulagée. Elle pouvait enfin respirer. La jeune fille se redressa et vit que Dan avait la tête dans un sceau et Jim qui avait l'air d'avoir courut un marathon tellement il avait l'air essouffler. Sinon, les trois autres adolescents avaient l'air d'avoir supporté le voyage. Après un bref examen sur ceux qui ont été malade, ils purent quittés la station de téléporteur. Ils passèrent la porte d'entrée sans voire un seul soldat de l'Armée Spécial. Une fois dehors, ils ne purent rester qu'ébahit.
Tout était immense: les buildings, les parcs, les routes, les arbres, tout ! Jetocity était un village de campagne à coté de cette mégalopole. C'était tout le contraire à Glaiveland: tout le monde souriaient même les gens qui étaient pressés et sérieux, on voyait qu'ils étaient heureux. Ici, pas de voiture ou rarement. Les habitants préféraient le bus, le monorail, le vélo ou même le téléporteur pour les plus riches. Mona dut faire attention au coin des rues et à l'entrée des établissements de ne pas mettre les pieds dans une zone de téléportation au risque de fusionner avec quelqu'un. Au moins, l'air était beaucoup moins pollué. La végétation avait aussi une place importante. On ne pouvait pas faire cinq cents mètres sans voire un parcs fleuris. Beaucoup de personnes y étaient pour se balader, se reposer ou même lire et manger. Les restaurants et les magasins étaient ouverts presque 24h/24h pour satisfaire les gens venant des quatre coins de la planète. Il était cinq heures de l'après midi alors qu'à Bourg-en-Ville il n'était que dix heures du matin. Les bâtiments était immenses et de matériaux clair préférant les grande baies vitrées faisant refléter les magnifiques couleurs du ciel rosé. Ils avaient même gardés de petits édifices construit par les Passidiens les changeant en musée ou en galerie. Beaucoup de statues et d’œuvres d'artistes étaient exposées un peu partout en pleine air se mélangeant parfaitement aux buildings et aux parcs.
Cette ville était magnifique, pleine de vie, grandiose, spectaculaire. Cela n'étonnait personne qu'elle ait été choisie pour capital.
Les six adolescents étaient émerveillés par toute cette splendeur. Ca leur changeait de leur village !

« Avant de partir, j’ai un petit quelque chose pour chacun d’entre vous ! annonça Kita tout sourire.
— Encore ! Tu nous gâtes vraiment, eut dit Eléha.
— Ce sont des A.E. ou Album Electronique. Mon père sait les avoir gratuitement avec son boulot et je me suis dit que ce serait chouette que vous en ayez un.
— Kita ! C’est trop ! Ces engins coute aussi cher qu’un billet de téléporteurs !
— Oui mais ils ne coutent rien pour moi. Tenez, dit-elle en leur tendant à chacun des sortes de lattes en métal, vous n’avez qu’à tirer des deux côté et l’écran apparaitra. »
Chacun exécuta l’ordre de Kita et vit s’afficher le menu.

« Vous avez entre vos mains l’A.E. F10. Vous faites parties des premières personne à l’avoir et vous allez pouvoir essayer en exclusivité la Fonction d’Intégration d’Objet. Ca va être dur de l’expliquer par des mots alors je vais vous le montrer. »

Elle sortit son Album Electronique de son sac et l’alluma choisissant l’activité Journal. Kita cliqua sur l’icône Fonction d’Intégration d’Objet et déposa le chew gum qu’elle avait en bouche sur l’écran. A la plus grand surprise de ses spectateurs, le bonbon fut avalé par l’engin.

« Vous savez mettre des objets à l’intérieur et les intégré aux diverses applications. Vous allez voire c’est trop génial ! On peut mettre des cartes postales, des photos, des figurines, tout ce que l’on veut tant que c’est n’est pas vivant ni trop grand. Vous voyez mette un éléphant dedans ! blagua Kita faisant rire ses amis. Pour le reste, l’A.E. fonctionne à l’énergie solaire, à une caméra et un appareil photo de hautes qualités intégrés, un son du tonnerre, est tactile et à une reconnaissance vocale. Il a aussi un lecteur de puce et on sait envoyer des mails mais ne sait pas aller sur Internet sinon, ce serait un T.E. (Tablette Electronique). En gros, il remplit les fonctions en mieux d’un journal. Régler-le déjà maintenant comme ça on pourra l’utiliser pour visiter. »

Mona et les autres le firent, remplissant les informations de base comme nom, prénom, coordonnée, heure et date. Elle changea aussi son fond d’écrans et la couleur des bords en métal pour qu’ils deviennent bleus. Après avoir fini, ils commencèrent enfin la visite de Glaiveland.
Le petit groupe débuta par le quartier des arts allant dans les divers musée et parcs pour photographier les statues et peinture d’artistes célèbres. Ils visitèrent le « Passidian Museum » qui retraçait la vie des Passidiens et de leurs habitudes.
Ensuite, ils allèrent diner dans le secteur des restaurants allant manger au « Food of the World » qui, comme son nom l’indique, sert des plat typiques de chaque civilisation. En entrée, les filles choisirent des sushis Japonais tandis que les garçons prirent un assortiment de friture Chinoise. En plats, ils commandèrent plusieurs choses passant des tacos aux hamburgers, aux pâtes et aux poissons. Pour le dessert, ils prirent une petite salade aux fruits Passidiens n’ayant plus assez de place pour autre chose.
Après ce copieux repas, les six amis firent un peu shopping (surtout pour les filles) dans le tout nouveau centre commercial du centre ville. Mona, Eléha et Kita se ruèrent vers la boutique « Sissi » où ils vendaient des vêtements à la mode à prix modeste tandis que les trois garçons se baladèrent dans les magasins de musique. Jim et Mona allèrent cherché les différents objets que les membres du cirque leur avaient demander rapportant un parfum fleuris pour Ma-Rita et un casque audio pour son petit frère comme cadeau. Le père de Kita ayant prémédité ces nombreux achats, avait prit le soin de prendre tous leurs sacs et de les envoyé directement à Bourg-en-ville en téléporteur.
Cela faisait quelques heures que le soleil venait de se coucher donnant un tout autre aspect à la ville. Eclairée par des lumières blanches, Glaiveland était féerique pas comme à Jetocity dons les éclairages faisaient plus discothèque qu’autre chose. Même à cette heure, c’était toujours aussi animé et actif mais un certain calme régnait montrant bien qu’il faisait nuit.
Pour se divertir, ils allèrent au sud, au parc d’attraction. Comportant une trentaine d’attraction, ils en firent plus de la moitié passant par les montagnes russes au carrousel. C’est aussi l’un des endroits où ils firent le plus de photos dont la plus belle où ils étaient tout les six rigolant derrière les manèges colorés. Aussi, les adolescents perdirent une bonne heure dans le palais des glaces ne trouvant pas le chemin dans ce labyrinthe de miroir. Bien sur, ça les avait fait bien rire et du coup, ils n’avaient le temps que de faire une activité. Le petit groupe fit en dernier un tour en un bateau mouche sur la Glaive, le cours d’eau qui traversait la ville. Blottit les uns contres autres, ils admirèrent une dernière fois Glaiveland de nuit buvant une chocolat chaud pour se réchauffer.
Il était cinq heures du matin ici et minuit à Bourg-en-ville. Il était temps de rentrer. Jim, Eléha, Dan, Mona, Kita et Grégory reprirent a regret le téléporteur pour retourner chez eux. Dans le minibus qui les reconduisait, les filles, les unes contre les autres, somnolaient. Mona était un peu triste que ça soit déjà fini, comme tout les autres. Jamais elle n’avait passé un jour pareil à rigoler et à s’amuser avec ses amis. Peut être parce qu’à part Jim, elle n’en avait pas eut d’autres.

« Kita, Eléha, Jim, Dan, Grégory. Je n’ai jamais été aussi heureusement. Je me souviendrais toujours de cette journée avec vous. Merci »

C’est avec des rêves plein la tête qu’elle s’endormit au côté de ses amis.


***


Le lendemain fut une journée bien difficile. Mona était épuisée de la veille et c’est à peine si elle était réveillée au moment de son entrainement journalier. Elle passa le reste de sa journée à glander devant son A.E. qu’elle complétait au fil des heures dans l’herbe. Dedans, elle y glissa plusieurs objets comme les tickets du parc d’attraction et du bateau mouche. Elle changea son fond d’écrans mettant la magnifique photo d’elle et de ses amis derrière les manèges. Elle décrivit sa journée à Glaiveland dans la partie journal et ajouta en plus des images de la troupe et de Ma-Rita. Bizarrement, la jeune Passidienne ne vit pas Jim de toute la journée. Jule lui avait expliqué qu’il l’avait presque tué lors de son entrainement dans le chapiteau. Il avait manqué son tir et la lame était allée se planter dans un poteau de bois à qu’elle centimètre de son petit frère. Du coup Ma-Rita a dispensé le Passidien qui est partit se recoucher. Mona haussa des épaules et retourna à son A.E. La journée passa sans le moindre souci.
Ce ne fut pas le cas du lendemain qui restera gravé dans leur mémoire comme la visite de Glaiveland.
Mona venait de se lever d’assez bonne humeur et comme la dernière fois, avant Jim. Elle le secoua doucement pour le réveiller.

« Tu ne veux pas rater l’école aujourd’hui ? Je suis crevé, dit-il.
— Non, il faut y aller. On a plusieurs interros en plus. Allez ! lui ordonna-t-elle gentiment.
— Je sens que cette journée va être pourrie, dit-il la tête dans un coussin. »

En fin de compte, il se leva sans trop broncher et ils purent partirent à l’heure.
Le ciel était couvert et Mona préféra mettre un pull blanc au dessus de son t-shirt au cas ou il pleuvrait. Arrivé à l’E.E.S.B.E.V., Kita leur sauta dans les bras. Tous étaient contents de se revoir après samedi. Ils en parlèrent durant les quelques minutes de récré avant de rentrer à la sonnerie. En passant dans les couloirs, je croisa Tia qui me fit un signe en guise de bonjour. Cela ne plut pas beaucoup à Clothilde qui l’appela comme si c’était un animal.
Après le cours de math, Mona alla en chimie. Elle c’était assise à sa place entre Jim et Eléha et prit son cours en l’attente du professeur. Comme prévu, elle vit Tia arrivé mais celle-ci avait le visage blanc et était presque en pleure. La jeune fille aux yeux rouge alla s’asseoir à son tour quand Clothilde arriva et la poussa violement.

« Qu’est ce qui ne tourne pas rond avec toi Clothilde, dit Tia entre ses dents.
— Pardon ? Je ne n’ai pas bien compris ? Mais tu sais Collin, quand on traine avec les nuls, on a le traitement des nuls ! »
M. Johnson, un vieux professeur au petite lunette rouge, arriva faisant taire les dernières discutions. Tout le monde s’assit et ouvrit leurs cours tandis que le professeur faisait ses préparations. A quelques bancs d’elle, Mona vit Tia serrer les poings de colère.

« La pauvre, pensa la Passidienne. »

Soudain, Mona sentit quelque chose planer autour de la classe, une énergie. Elle connaissait cette sensation et savait que ce n’était pas bon signe. Elle se tourna vers Jim qui avait l’air tout aussi paniqué qu’elle. Il la sentait aussi. Mona savait ce que cela signifiait : un rejet. Cette explosion d’énergie que pouvait faire un Passidien qui n’utilise pas ses pouvoirs. Ca n’était ni Mona ni Jim donc ça ne pouvait être qu’une personne.
La jeune fille tourna son regard vers Tia.
Elle aurait voulut prévenir tout le monde, mais comment ? De toute manière il était trop tard. L’énergie prit appui sur un flacon que l’on était en train de faire chauffer. Mona vit les yeux rouges de Tia briller avant que tout n’explose. Durant la déflagration, elle sentit un souffle de feu lui bruler la peau et des morceau de verre le la lui couper. Elle fut projetée en arrière heurtant violement les bancs de sa rangée. Quelque chose de lourd lui retomba sur les jambes et ce fut trop. Elle s’évanouit.
Durant son premier réveille, elle était encore dans le fon de la classe. Tout était détruit et un début d’incendie avait prit. Autour d’elle, Mona voyait les corps de ses amis et camarades gisez au sol inconscient pour certains. Elle entendit quelqu’un hurler tout près d’elle. C’était Eléha qui avait une pierre sur le genou. La Passidienne poussa la table qui lui bloquait les jambes et essaya de ramper jusqu’à elle pour l’aider malgré la douleur atroce. Avec le reste de ses forces, elle poussa le morceau de béton qui écrasait la jambe de son amie. Eléha la remercia avec un pâle sourire mais il disparut.

« Ta tête..., dit-elle avec le peu de force qui lui restait. »

Mona posa une mains sur son crane et découvrit qu’elle était en sang. Soudain, tout commença à tanguer. Elle perdit l’équilibre et heurta le carrelage. La jeune fille avait la nausée et l’impression que l’on enfonçait doucement un pieu dans sa nuque.
Comme ça contre le sol, elle pouvait voire qu’il restait une personne encore assise sur sa chaise. C’était Tia qui, à part quelques coupures, n’avait rien. Elle semblait totalement terrifiée et elle pleurait. Elle aussi, Mona aurait bien voulut l’aider, la rassurer mais elle n’en avait plus la force du tout.
Maintenant, elle était sur de ce qu’était réellement Tia et ce qui venait de se passer était malheureusement la preuve qu’elle cherchait.

« Tia est comme nous, c’est une Passidienne. »


Dernière édition par miissmoon13 le Mer 19 Déc - 14:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lumière et Ombre   Mar 9 Oct - 18:54

Chapitre 5:
Nature à problème



Elle venait de se réveiller dans un endroit blanc du sol au plafond où des ombres passaient devant ses yeux. Elle n’entendait pas le moindre bruit, juste un brouhaha lointain et un sifflement. L’air sentait le désinfectant, une odeur qui lui piquait au nez et lui donnait la nausée. Son corps était tout endolorit et elle ne savait même pas si elle pouvait le bouger.

Bon sang ! Mais où est-ce que j’ai atterrit ? pensa Mona.

Les silhouettes étaient-elles des personnes ? Elle voulut leur demander ce qu’elle fichait ici et où elle était mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle était toute sèche. Tous ces gens passaient devant Mona sans lui prêter attention comme si elle était invisible. Il fallait montrer qu’elle était en vie et quoi de mieux que bouger ? Mona poussa sur ses bras pour se relever mais une douleur atroce lui prit le haut de la jambe quand elle se trouva en position assise. Elle poussa un cri strident. Bizarrement, ce mal lui enleva la brume qui lui couvrait les yeux.
Mona était dans un lit d’hôpital entourée d’autres adolescents hospitalisés. Les ombres qui s’agitaient devant elle tout à l’heure n’étaient que des infirmiers et des docteurs courant d’un côté à l’autre de la pièce. Ses mains étaient bandées et ses avant bras piqués par de nombreuse perfusion où s’écoulaient des liquides de drôles de couleurs. Une seringue épaisse était plantée dans sa cuisse droite apaisant net la douleur qui lui avait prise la jambe.

Pourquoi suis-je dans un hôpital ? Que c’est-il passé ? Jim, où est-il ?

Cette dernière question la fit paniquer. Il fallait qu’elle le retrouve pour qu’il lui explique ce qui ce passait et qu’il la rassure.

Et si il était dans le même état que moi ?

Cette pensée l’horrifia et elle ne voulut plus qu’une seule chose : partir de cette chambre !
Mona arracha toutes ses seringues sentant une vague de douleur lui traverser le corps. Malgré ce mal, elle sortit de son lit mais s’étala comme une masse sur le sol.

« Bon sang ! dit-elle d’une voix sèche et à peine audible. »

Les médicaments avaient tellement bien fonctionné qu’ils lui avaient paralysé la jambe momentanément. Pourtant, elle ressentait tout de même un lancinement dans sa cuise droite. Elle se redressa à l’aide de la table de nuit s’appuyant sur la gauche. Mona se traina jusqu’à la porte quand un médecin l’interpela.

« Mademoiselle, vous n’avez pas le droit de quitter votre lit et encore moins votre chambre. Retournez vous couchez je vous prie.
— Non ! »

Mona ne savait pas trop si c’était le ton qu’elle avait employé ou le faite qu’elle arrivait encore à marcher qui surpris le docteur. Malgré cela, il se ressaisit et lui empoigna le bras.

« Laissez-moi ! cria-t-elle. »

Soudain, quatre poches de liquide pour transfusion et une de sang éclatèrent. Le médecin tourna son attention vers cela laissant Mona prendre la fuite. Elle savait que c’était elle qui les avait détruite, pourtant, elle n’en avait pas donné l’ordre.

Pourquoi mes pouvoirs se sont-ils activés tout seule ? se demanda-t-elle.

Mais elle ne s’attarda pas à cette question préférant quitter la chambre à toute vitesse. A l’aide de rampes accrochées au mur, elle put avancer plus facilement mais beaucoup de brancards portant des adolescents bloquaient leurs accès. Elle se posa la question de pourquoi y avait-il tant de jeunes hospitalisés mais retourna à son objectif premier : trouver Jim. Mona allait arriver à un embranchement quand elle s’arrêta devant une chambre d’un vieil homme à moitié brulé. Des bandages recouvrait une bonne partie de son visage et son corps et il n’avait plus que deux trois touffes de cheveux sur son crane. Il était inconscient mais semblait beaucoup souffrir.

Le pauvre... Surement la cause d’un incendie.

Le détail qui l’avait fait s’arrêté devant cette chambre était une paire de lunettes rondes rouges.

Tiens, on dirait celles de M. Johnson..., se fit-elle la réflexion en continuant sa recherche.

Elle écarquilla les yeux et retourna sur ses pats.
Après l’avoir mieux regardé, elle remarqua le drôle de nez et les très fine lèvres qui faisait la particularité du professeur de chimie. Mona ne l’avait même pas reconnut au départ tellement il était défiguré par les brulures. Pourquoi était-il là alors qu’il devait être, comme elle, à l’école ? Que c’était-il passé pour qu’il soit dans cet état déplorable ? Horrifiée, elle recula les mains sur la bouche et les yeux presque en pleurent. Sa jambe choisi le mauvais moment pour flancher et trébucha en arrière et sa tête vint percuter un extincteur sur le mur. Mona sentit un déchirement dans le bas de son crâne la faisant pousser un cri. Comme si ce mal était le déclencheur de sa mémoire, des images apparut devant ses yeux : Une explosion, sa tête se fracassant contre un banc, Eléha et son genoux écrasé, le visage de Tia en pleure, tout !

Tia...

C’était elle, cette fille aux yeux rouges qui avait mis toute cette pagaille. Elle était tellement énervée contre Clothilde qu’elle avait dut faire un rejet d’énergie et détruit la classe au passage. C’était une Passidienne comme elle mais elle ne venait pas d’ici. Elle était originaire de Flammiria, la terre du feu, comme le montraient ses yeux. Mais quelque chose turlupinait Mona. Tia avait l’air surprise et terrorisée de cet accident comme si elle n’avait jamais fait de rejet. Plus encore, comme si elle ne savait pas qu’elle possédait une telle puissance ou même qu’elle avait des pouvoirs. Cela pourrait expliquer le faite que la jeune Flammirienne ait fuit lorsqu’elle avait rencontré sa semblable.
Mona revint à la réalité quand elle sentit une vive douleur dans la nuque. Elle retira ses mains du bas de son crane et les retrouva ensanglantées. Se sentant vaciller, la Passidienne essaya de se tenir à la rampe mais s’écroula.

Pourquoi cette blessure n’est toujours pas rétablie ? se dit-elle.

Contre le mur, elle essayait de respirer normalement mais pas moyen. C’était comme si l’air comportait de moins en moins d’oxygène. Doucement, ses paupières se fermèrent et les bruits autour d’elle se turent. Mona espéra très fort que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve et qu’elle allait se retrouver dans sa roulotte entrain de dormir. Cependant, même elle savait que ce cauchemar était la réalité.


***


Mona se réveilla (malheureusement) dans un lit d’hôpital. Ses perfusions étaient remises à leur place et l’énorme aiguille enfoncée dans sa cuisse. Elle sentit avec sa main, qu’on lui avait mis un pansement dans sa nuque pour recouvrir sa plaie encore ouverte. Une infirmière restait prêt de son lit surement pour qu’elle s’échappe comme tout à l’heure. Le seul point positif était que Kita et Eléha étaient là. Elle n’avait même pas remarqué tantôt que cette dernière était dans le lit d’à côté. La jeune fille avait l’air encore plus mince que d’habitude avec son teint et ses joues creuses. Elle ressemblait presque à un cadavre vivant. Néanmoins, Eléha affichait un petit sourire malgré la douleur que pouvait lui faire ressentir son genou. Kita c’était installée entre ses deux amies mais ne souriait pas à cause de sa lèvre fendue.

« Alors ? demanda-t-elle à Mona en zozotant. Tu te sens comment ?
— Pas très bien. J’ai l’impression que l’on m’a enfoncé un pieu dans la cuisse et que j’ai un trou dans le crâne. Et puis je me sens toute barbouillée et flagada.
— C’est un peu normale : ils t’ont donné des calmants pour éviter que tu ne t’enfuies à nouveau. Pour le pieu tu n’as pas tout à fait tord : tu avais le pied d’un banc qui avait transpercé ta cuisse.
— Ah bon ? demanda Mona d’une petite voix dégoutée. »

La Passidienne avait la nausée rien qu’en pensant à cette barre plantée dans sa jambe. Elle passa cette sensation par un verre d’eau et se tourna vers Eléha.

« Et toi ca va ? demanda-t-elle.
— Pas très bien. J’ai mon genou fracturé en six morceaux mais je n’ai pas à me plaindre : l’école à prit en charge tout les soins médicaux. Du coup, on m’a injecté un produit dans ma rotule qui va réduire à moitié le temps de guérison. Dans un mois, je pourrai courir comme avant mais avec se médicament, je me sens horriblement faible.
— On t’a injecté aussi ce produit. C’est la seringue qui laisse couler le liquide bleu là, dit Kita à la Passidienne en pointant son doigt sur sa cuisse. D’ici deux bonnes semaines, tu n’auras plus qu’une cicatrice. »

Une cicatrice ?

Mona n’en n’avait jamais eut. Peut être parce que sa faculté de guérison ne laissait aucune marque de ses blessures antérieur. Et puis, à son souvenir, elle ne s’était jamais gravement blessée. Cela voulait dire aussi que ce don n’avait pas fonctionné cette fois-ci mais pourquoi ? Serais-ce à cause du rejet fait par Tia ? Et Jim, est-ce que lui aussi ne savait plus se soigner rapidement ?

« Où est Jim ? demanda Mona à ses amies. Est ce qu’il va bien ? »

Les autres blessées se crispèrent.

« On ne sait pas encore. Personne ne l’a vu.
— Je veux le voire, dit-elle d’un ton sec.
— Non. Le docteur a dit que tu devais te reposer.
— Je me fou complètement de ce qu’à dit ce médecin. Où est Jim ? dit Mona énervée. »

Soudain, elle sentit une vague d’énergie remonter son échine. Les tissus de sa peau se reconstituèrent et Mona ressentit sa jambe revenir à la vie. Son don de guérison rapide refaisait surface ! Pourquoi seulement maintenant, ça elle n’en avait pas la moindre idée.

Tant pis. Au moins il est revenu !

A présent, elle était en pleine forme et totalement guérie. Plus rien ne l’empêchait de partir. Comme tout à l’heure, elle arracha les perfusions mais sans ressentir la moindre douleur. Elle prit les béquilles posées contre le mur, vu qu’elle devait normalement être toujours blessée, et s’en alla. Mona avait juste oublié l’infirmière qui la surveillait. Celle-ci se leva d’un bond de sa chaise et voulut l’attraper mais la tuyauterie des trois éviers présents éclata. Après avoir été déconcentrée par ce petit incident, elle retourna son attention vers la jeune fille qui avait déjà filé.
Au fil des pats, Mona put de nouveau ressentir cette force dans son corps qui faisait qu’elle savait contrôler les éléments. Lors de sa première fuite tout à l’heure, elle n’avait pas commandité la destruction des poches de liquide comme si elle ne savait plus maitriser ses pouvoirs. A présent, tout était redevenu normal. La Rivèrienne parcourut du regard chaque chambre en évitant les médecins et infirmiers qui devait surement la chercher puis, remarqua un rassemblement de jeunes gens. Elle s’en approcha mais eut du mal à voire ce qui se tramait. Mona essaya de se frayer un passage mais trébucha alors qu’elle venait d’atteindre le devant du demi cercle. A terre, elle ne put s’empêcher de traiter de tous les noms ceux qui l’avaient fait tomber. Elle voulut se relever avec ses béquilles mais une main se présenta. Elle leva la tête et lâcha un soupir de soulagement.
C’était Jim, le pied dans le plâtre et une minerve entourant son coup, en chaise roulante.

« Alors, on joue les casse-cou ? demanda-t-il avec une pointe d’ironie.
— J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose de grave, répondit-t-elle en se relevant grâce à sa main et à la chaise roulante de son ami. Je me suis fait beaucoup de souci pour toi.
— Moi aussi. Je me suis rongé les sangs toute la journée. Je suis resté prêt de toi toute la journée mais tu ne t’étais toujours pas réveillé alors je suis parti.

C’est alors que Grégory et Dan, eux aussi en chaise roulante arrivèrent.

« Je vois que la Belle au Dormant est enfin sortie de son profond sommeil de cinq heures, blagua le frère d’Eléha.
— Jim, tu viens on refait la course ! dit Dan
— La course ? demanda Mona.
— Bah oui. On fait des concours avec nos chaises roulantes. Depuis qu’on est levé on a fait que ça et on n’a pas arrêté une seule fois ! »

Mona se tourna les yeux plissés vers son meilleur ami.

« Dis, tu pourrais m’expliquer comment tu aurais fait pour rester à mon chevet et faire des compétions débiles en même temps ? »

Jim se fit tout petit.

« Je vois. Alors que moi je te cherchais dans tout l’hôpital en trainant ma jambe et avec un trou dans le crâne, toi, tu t’amusais. Bien. »

Jim était assez gêné de son comportement. C’est vrai qu’il aurait dut aller prendre de ses nouvelles un peu plus souvent dans la journée. Quand il s’était réveillé, il avait été prit d’une crise de panique. Il avait eut peur que les médecins se rendent compte de la guérison rapide de ses blessures et a voulut s’enfuir. Cependant, quand il avait remarqué qu’avec son plâtre, il ne pouvait le faire, il s’est affolé. Les infirmiers ont su le calmer et ont mis cette incident sur le compte du choc de l’explosion. Après s’être reposé, un médecin lui avait proposé d’aller se changer les idées avec ses copains de classes ce qu’il accepta. Jim n’avait pas encore une seule fois songer à sa meilleure amie et c’est un peu avant qu’elle vienne à sa rencontre qu’il avait repenser à elle. Il ne comprenait pas pourquoi elle était sortie de sa tête aussi longtemps. Mona avait l’air de lui en vouloir mais n’avait pas fait une crise comme il l’aurait pensé. Elle lui tourna le dos pour s’éloigner de lui. Il commençait doucement à se détendre quand elle se retourna, tout d’un coup furax, et lui cria dessus.

« Tu croyais franchement que j’allais te pardonner comme ça ? Mais tu comprends vraiment rien ! J’étais morte d’inquiétude et la première chose que j’ai faite quand je me réveillée c’est te chercher ! Alors que toi, tu n’as même pas prit la peine de venir me voire UNE seule fois !

Le Passidien s’enfonçait de plus en plus dans son siège sous les cris que son amie. C’était pire qu’il ne l’aurait imaginé.
Tandis qu’il était en train de se faire sermonner, il remarqua quelque chose chez elle. Quand Jim réalisa ce que c’était, il réagit au quart de tour. Il fonça dans la jeune fille de façon à ce qu’elle retombe sur ses genoux et s’en alla le plus vite possible.

« Désolé les mecs. Je vais essayer de la calmer, dit-il à ses amis. »

Il déguerpit avec la Passidienne sur les jambes qui criait à l’aide et se débâtait comme si on l’enlevait. Jim roula jusqu’à un petit couloir moins fréquenté faisant un magnifique dérapage pour s’arrêter. Mona se leva d’un bond et le visage rouge de colère.

« Ca va pas la tête ! Qu’est ce qui t’a pris ! aboya-t-elle.
— Je viens de te sauver la vie. Et rassies-toi ! lui ordonna-t-il gentiment.
— Me sauver ? Et de quoi ? Tu peux m’expliquer ? »

Le Passidien lui montra ses jambes.

« Quoi ? demanda la jeune fille.
— Tu marches pauvre imbécile.
— Depuis que j’ai un an et demi ! Et je ne vois ce qu’il y a de si extraordinaire... Ho ! »

Mona n’avait pas remarqué qu’elle était debout sans béquille depuis tout à l’heure. D’après ce qu’avait dit Kita, le pied d’un banc était dans sa cuisse avant qu’on ne lui retire. Elle lui avait dit qu’elle n’arriverait pas à marcher avant deux bonnes semaines et pourtant, elle pouvait déjà courir. Et puis, avec son entaille dans le haut de la nuque qui s’était déjà rouverte une fois, elle devrait être totalement KO. Si Jim avait put remarqué ces détails, tout le monde aurait put aussi ! Elle espérait qu’il n’y avait que lui.
Mona le remercia avant de se rasseoir sur ses genoux n’ayant plus de béquilles. Puis, elle posa la question fatidique.

« Comment allons-nous faire pour le dissimuler au personnel médicale ? demanda Mona à son ami.
— Ne t’inquiète pas, j’ai déjà prit les choses mains. J’ai déjà téléphoné à Ma-Rita pour qu’elle essaye de nous faire sortir de là. Elle m’a répondu qu’elle était bloquée devant l’hôpital depuis une bonne heure. Apparemment, ils ne laissent entrer personne, même pas la famille.
— Pourquoi ne veulent-ils pas que l’on voie nos parents ?
— Les médias disent que l’incident produit à l’école était un attentat. Beaucoup accuse les Passidiens d’avoir utilisés leurs pouvoirs pour faire exploser l’établissement. Ils parlent d’un acte de vengeance contre la race Humaine.
— C’est faux ! Tia n’a voulut tuer personne, elle ne l’a pas fait exprès. »

Mona revit la scène d’après l’accident. C’était la seule à être encore assise sur sa chaise, intacte parmi les décombres qui l’entourait. Ses yeux rouges fixaient l’endroit où étaient disposés les flacons et autres fioles avant qu’ils n’explosent et détruisent la classe. La Flammirienne semblait surprise malgré son regard emplit de peur et elle n’avait pas l’air de savoir ce qui lui arrivait. Jamais Tia aurait eut l’idée de faire du mal à ses amis de classe, Mona en était sur.

« Si tout le monde pense que c'est à cause des Passidiens, dit la jeune fille en sortant de ses songes, l'Armée Spéciale va alors venir faire des tests! Comment allons-nous faire?
— Ne panique pas. La directrice est certaine que c’est un simple étudiant humain qui a fait ça. Et puis, elle est contre les contrôles d'ADN, elle a trop peur de perdre des élèves à cause d'eux. Cependant, je ne suis pas sur qu'elle ait le pouvoir d'interdire l'Armée Spéciale de venir faire une simple visite.
— J'espère que Ma va savoir nous faire sortir de là avant demain, ajouta Mona l’air inquiète.»

Les deux Passidiens arrêtèrent leur conversation se sentant surveillé. Ils regardèrent autour deux et aperçurent un peu plus loin Dan et Grégory caché derrière un mur.

« Vous faites quoi vous deux ? demanda Jim à ses amis.
— Nous ? fit Dan d’un air innocent. Rien, on faisait une balade.
— Ouai, c’est ça.
— Bon d’accord. On était entrain de vous espionner, admit Gregory, mais on voulait juste au départ rendre les béquilles à Mona. »

Dan roula jusqu’à eux et tandis à la jeune fille ses béquilles. Elle les prit et se releva.

« Merci.
— Je peux juste vous poser une question ? demanda Grégory. Parce que Kita, Dan, ma sœur et moi, on vous trouve fort bizarre tout les deux. Ce n’est pas que l’on ne vous aime pas, au contraire mais vous êtes toujours les deux, inséparable. Des fois on se demande si vous ne nous cacher pas quelque chose. »

Mona et Jim se crispèrent.

Impossible ! Ils ne peuvent pas savoir que nous sommes des Passidiens ! pensa Mona.

« On a une petite idée de ce que ça pourrait être. Franchement ça ne nous dérange pas même si aucun de nous ne l’est.
— Grégory arrête de tourner autour du pot et crache le morceau ! ordonna Dan. »

Mona tendue serrait au plus fort la main de Jim s’apprêtant à se qu’allait dire leur ami.

« Bon, en gros, est-ce que vous sortez tout les deux ? »

Les deux Passidiens n’en crurent pas leurs oreilles. Comment cette idée avait put traverser l’esprit de leurs amis ? Et puis il n’était pas accroché tout le temps l’un à l’autre comme deux pot de colle. Si ?
En attendant, assez soulagé, répondirent en cœur.

« Non ! On est juste ami !
— A ça va, fit Dan. On voulait juste savoir parce que l’on n’était pas sur.
— Pourquoi vous avez pensé cela ?
— Et bien comme l’a dit Grégory, vous êtes toujours collé l’un à l’autre et puis, vous venez tout les deux du cirque.
— Premièrement, énonça Jim, à part vous cinq, on connaît personne dans cette école. On reste ensemble parce que l’on n’a pas envie d'être tout seul. Deuxièmement, on habite ensemble depuis que l’on est petit, et alors ? Oui on dort dans la même roulotte mais on est dans deux chambres séparées. Troisièmement, si elle aurait été ma copine, je ne l’insulterait pas et ne frapperait pas comme je le fais d’habitude.
— Hum. C’est vrai que vous êtes assez violent entre vous. Au moins on est fixé.
— Bon c’est pas que, mais moi j’ai une faim de loup, fit Dan à ses amis. Pas vous ? »

Les deux garçons et surtout Mona acquiescèrent. Elle n’avait plus rien mangé depuis le matin et avec tout ce qui c’était passé depuis, elle se précipita jusqu’à sa chambre pour recevoir son plateau. Jim, Dan et Grégory avaient demandé aux infirmiers pour rester prêt des filles et ne voyant aucun inconvenant, acceptèrent. Les seules conditions étaient qu’ils ne fassent pas trop de bruit et qu’ils retournent dans leurs chambres avant 20 heures.
Après avoir dévoré leur souper, les adolescents parlèrent de l’accident. Certains pensaient à une mauvaise manipulation de produit chimique lors du cours ou encore une explosion de gaz. D'autres à un élève un fou qui aurait déposé une bombe dans la classe. Il y eut beaucoup d’hypothèse mais aucun ne proposa l’idée que se soit un Passidien.

« Et pourquoi pas les Passidiens ? essaya Mona pour voire leurs réactions. Les médias ne font que les accusés.
— Je ne pense pas. Ils étaient réputés pour leur pacifisme et pas pour leur actes de violences. Et puis, il n’y a eut que notre classe qui a été touchée. Si c’était vraiment un acte de vengeance, ils auraient fait exploser toute l’école, expliqua Kita en zozotant à cause de sa lèvres.
— Un d’eux aurait pu être dans la pièce ? proposa Dan.
— Non, il aurait pu mourir. Ça aurait été un attentat suicide. Aussi, ce Passidien aurait été un élève inscrit depuis longtemps parce qu’il n’y avait aucun nouveau aujourd’hui matin. Ce n’est pas à cause de ça.
— Moi je suis pour l’idée d’une explosion de gaz, dit Eléha d’une petite voix. Monsieur Johnson n’est pas du genre à se tromper lors de ses manipulations.
— Moi aussi, dit Kita. »

Les autres répondirent la même chose et changèrent de sujet. Tous les six parlaient à présent de leur superbe journée à Glaiveland. Dire qu’ils étaient en pleine forme ce jour-là et que maintenant, c’était à peine s’ils pouvaient bougés. Toute fois, ils avaient le sourire aux lèvres comme si cet accident était déjà du passé. Ils s’étaient installés maintenant sur des chaises et regardaient la télé tranquillement. Kita choisit une comédie zappant les reportages sur ce qui c’était produit à l’école. Eléha, sous l’effet des médicaments, s’endormis bien avant les autres qui chuchotèrent afin de ne pas la réveiller.
Tous étaient étaient captivés par l’émission et ne remarquèrent pas que Mona était partie. Elle profiter de leur inattention pour sortir de sa chambre sans qu’on lui pose trop de questions. Elle prit ses béquilles et sortit. L’infirmière qui la surveillait normalement n’était pas là non plus. La jeune fille put alors se balader tranquillement. Cependant, Mona n’était pas sortie juste pour se dégourdir les jambes.
Elle voulait voire Tia.
La Passidienne demanda à l’accueil où elle se trouvait et s’y rendit. Après quelques minutes, elle trouva sa chambre et poussa doucement la porte.
Tia, en robe de chambre, était assise sur son lit les genoux contre sa poitrine. La tête posée dessus, elle regardait par la fenêtre le ciel entrain de décliner. La télé fonctionnait et les infos passaient. Le journal parlait bien sûr de l’explosion survenue à Bourg-en-Ville. Cela n’avait pas l’air de la déranger même si elle devait se sentir coupable de cet évènement.

« Tia... »

Elle se retourna mais Mona ne put voir son visage car quelqu’un la poussa. Elle se rattrapa de justesse à la
rampe et vit que c’était Clothilde, le nez recouvert pansement, qui l’avait bousculée.
« Qu’est ce que tu regardes ? Dégages de là la bête de foire ! cracha la peste. »
Sur ce, elle rentra dans sa chambre et claqua la porte au visage de Mona. Choquée, la Passidienne tourna les talons et se trouva maintenant face à Jim.

« Tu essaye encore de te barrer ? demanda-t-il d’un ton moqueur.
— J’étais juste venue voir Tia, répondit-elle.
— D’après ce que j’ai vu, tu ne lui as pas parlé longtemps.
— Je hais Clothilde, dit-elle en serrant plus fort ses béquilles. C’est à cause d’elle cette explosion. Si elle n’aurait pas énervé Tia, jamais nous ne serions là ! Je la déteste ! »

Dans un mouvement de colère, Mona fit craqueler le carrelage sous ses pieds. Jim pour la calmer, posa sa main sur son épaule.

« Il n’y a pas que toi qui ne l’aime pas. Allez, viens. Tu dois aller prendre ta douche. »
Mona se détendit et expira un bon coup avant de prendre la direction de sa chambre.
Pendant le trajet, la Rivèrienne se demandait à quoi elle ressemblait. A pas grand chose pensa-t-elle.

« Je peux te poser une question ? demanda Mona à son meilleur ami.
— Oui, laquelle ?
— Est ce que, quand tu t’es réveillé ici, tu avais mal ? »

Le garçon arrêta sa chaise roulante et regarda la Passidienne avec un air interloqué.

« Je ne comprend pas ta question.
— Tout à l’heure, tu n’avais pas l’impression que tes blessures ne guérissaient pas aussi vite que d’habitude ? »

Jim eut l’air de réfléchir avant de répondre :

« Maintenant que tu le dis, oui. J’avais super mal à la jambe et je n’arrivait pas à bouger mon cou. Je n’avais jamais ressentit une tel douleur. C’est aller beaucoup mieux un peu avant que tu ne viennes m’engueuler.
— C’est à ce moment là aussi que j’ai commencé à guérir. Et tes pouvoirs se sont-ils activé tout seul ? »

Il parut réfléchir avant de répondre embêter :

« Oui. Un infirmier était venu me faire une piqure. J’ai stressé sur le coup et j’ai fait éclaté la seringue dans ses mains. Le pauvre, il était coupé de partout. Pourquoi me demandes-tu cela ?
— Je pense que le rejet d’énergie qu’a fait Tia a déréglé nos corps.
— Et alors ? Je ne vois pas le problème. Qu’est ce que ça pourrait dire ?
— Je ne sais pas. Ça me semblait tellement bizarre. Je me sentais si vulnérable. C’était une drôle de sensation.
— Ne t’inquiet pas, la rassura-t-il. On a déjà fait plein de rejet tous les deux et tout redevenait normal après. Ne te fais pas de souci pour ça. »

Mona afficha un pâle sourire et continua son chemin en sa compagnie.
Dans les couloirs, le personnel médical était beaucoup plus calme que quand elle s’était réveillée. Les médecins avaient dut être débordés avec tous ces adolescents blessés arrivés en même temps. Maintenant, ils pouvaient enfin soufflés un peu. Mona espéra qu’avec cette ambiance moins agitée, sa mère pourrait venir la voir et la ramener chez elle. La Passidienne n’en pouvait plus de cet endroit aux lits trop dur et à la nourriture sèche. Elle savait que ce n’était pas un hôtel mais ils auraient pu faire un petit effort quand même ! De plus, l’Armée Spéciale allait surement venir faire un petit tour d’ici le lendemain. Il fallait absolument qu’ils sortent avant leur arrivée.
En entrant dans sa chambre, elle remarqua que les garçons étaient partit et que Kita somnolait dans son lit. Il était désormais 20h30 et d’après l’infirmière, c’était l’heure de la douche Quand Mona entra dans la cabine, elle faillit presque crier en se voyant dans le miroir. La glace reflétait l’image d’une jeune fille sale aux cheveux à moitiés calcinés et poisseux de sang. Son visage et son corps étaient recouverts de petits pansements qui, pour certains, ne servaient plus à rien, sa faculté de guérison rapide ayant soigné ses blessures. Elle enleva doucement le bandage qui entourait sa cuisse et découvrit avec dégout une plaie circulaire encore saignante. Mona savait que d’ici quelques jours il n’y aurait plus rien ou au pire, une petite cicatrice. Cependant, elle avait encore assez mal et boitillait lorsqu’elle essayait de marcher. Aussi, elle devrait cacher cette blessure aux infirmiers pour ne pas qu’ils la soupçonnent d’être une Passidienne. Encore une bonne raison pour qu’elle parte d’ici !
Mona tourna le robinet et sous le contact de l'eau glacée, poussa un cri. Après l'avoir laissé couler plusieurs minutes sans qu'elle devienne tiède, elle en déduisit que l'hôpital ne devait pas chauffer l'eau. Elle ne resta sous la douche que quelques instants et en sortit gelée. Elle se sécha rapidement et remit sa robe de chambre. La jeune fille alla se blottir entre les minces draps dans son lit pour essayer de se réchauffer mais sans succès. La nuit allait être dure. Soudain, une infirmière vint près d'elle et lui dit:

« A ton tour maintenant!
— Pourquoi ? demanda Mona qui commençait à avoir sommeil.
— Je dois te mettre un nouveau bandage et regarder si ta blessure guérit. »

Mona se crispa. Il ne fallait pas que l’infirmière voie sa plaie. Elle s’était déjà trop refermée pour ne pas que la femme se doute de ses origines. La Passidienne eut un mouvement de recul.

« Ne t’inquiète pas. Je ne vais pas te faire de piqure si c’est pour cela que tu as peur. Je vais juste changer ton pansement, dit-elle gentiment. »

Mona secoua la tête de droite à gauche s’enfonçant de plus en plus dans le fond de son lit. La jeune femme essaya plusieurs fois de tenir la jambe de l’adolescente mais sans grand succès. Elle perdit patience.

« Je ne veux pas m’énerver. Soit tu coopère soit j’appelle mes collègues qui seront beaucoup moins gentils que moi, dit-elle d’un ton sec. »

Mona, sous l’intonation qu’employait l’infirmière, présenta sa cuisse. Dans sa tête, elle s’imaginait les pires scénarios possibles lorsqu’elle se ferrait arrêtée par l’Armée Spéciale. Tout ça à cause d’une blessure ! Mais la chance lui sourit.
Quelqu’un entra dans la chambre en faisant claquer la porte. Ça avait fait un tel bruit que Kita et Eléha se réveillèrent en sursaut. Mona reconnut tout de suite la personne et sauta sur un pied pour la rejoindre.

« Ma ! dit-elle en se laissant tomber dans les bras de sa mère.
— Mona ! Que je suis contente de te voire. Tu vas bien ? Et Jim ? Je suis désolée de ne pas être venue plutôt. On n’a pas voulut me faire rentrer. C’est totalement fou cette histoire ! »

Ma-Rita posait mille et une question sans que sa fille ne comprenne quoi que ce soit.

« Calme toi Ma. Jim va bien et moi aussi. Sache aussi que ce n’est pas nous qui avons provoqué cette explosion,
chuchota-t-elle. Il faut que tu nous fasses sortir à présent. »
Sa mère respira un bon coup et attrapa la main de sa fille.

« Je sais que ce n’était pas vous. »

Mona sourit. Ma-Rita l’entraina dehors mais l’infirmière s’interposa.

« Madame, dit-elle calmement, elle n’a pas le droit de sortir. Regardez, elle sait à peine marcher.
— Je m’en fou complètement. Elle vient avec moi.
— Madame ! insista-t-elle. Elle ne peut pas rentrer chez elle !
— Je la change d’hôpital. Le votre est incompétent. »

Sur cet argument, l’infirmière resta fichée, stupéfaite, et les laissa partir. Ma-Rita installa sa fille sur une chaise roulante et alla chercher Jim dans sa chambre.

« Ah ! Enfin ! fit le jeune homme. Je viens de voire une camionnette de l’Armée Spéciale se garer dans le parking depuis la fenêtre. Il était temps que tu arrives Ma-Rita.
— Arrête de parler et dépêche toi, lui ordonna-t-elle assez sur les nerfs. »

Sur ce, il prit ses affaires et les suivit. Ma-Rita alla à l’accueil remplir tout les formulaires possible pour les faire sortir. Ayant le prétexte qu’elle voulait les faire changer d’hôpital, elle eut facilement l’accord. Ils traversèrent rapidement les couloirs mais arrivés devant la porte d’entrée, Mona se souvenu de quelque chose.

« Allez-y déjà. J’ai oublié quelque chose. Je vous rejoins dans quelques minutes, leur dit la jeune fille en faisant demis tour. »

Elle retourna sur ses pats et roula jusque la chambre de Tia. Elle ne pouvait pas l’abandonner. C’était son amie et une des siens, une Passidienne. Elle ne voulait pas qu’elle se fasse arrêter par l’Armée Spéciale. Il fallait qu’elle la fasse sortir, coute que coute.
Arrivée devant sa porte, elle quitta sa chaise roulante et entra sans réveiller Clothilde. Celle-ci ronflait comme pas possible ce qui fit rire la jeune fille. Une fois près de son lit, elle secoua la Flammirienne doucement. Elle se réveilla à moitié et eut du mal à reconnaitre la personne devant elle avec le noir.

« Mona ? demanda-t-elle à encore dans son sommeil. Qu’est ce que tu fais ici ?
— Je suis venue te faire sortir d’ici, lui chuchota-t-elle. L’Armée Spéciale est ici et ils ne vont pas tarder à faire leurs tests. »

Même dans l’ombre, Mona put voire que Tia avait l’air surprise.

« Tia, je sais que tu es une Passidienne. Tu n’as rien à craindre, j’en suis une aussi. »

La jeune fille aux yeux rouges eut l’air de se détendre mais répliqua :

« Comment as-tu su que j’étais différente ?
— Nos yeux ont brillés lors de notre première rencontre et tu as aussi malheureusement fait exploser l’école avec tes pouvoirs.
— Mais je n'ai pas de pouvoirs. »

Cette réponse surpris la Rivèrienne. Comment ça elle ne maitrisait pas les éléments ? Tous les Passidiens avaient cette faculté.

« Bon, soit. Il faut que tu viennes avec moi et vite. »

Tia avait une certaine confiance en la Rivèrienne et la suivit sans faire de reproche. Mona se réinstalla dans sa chaise roulante et se dirigea vers la sortie.

« Mais je ne peux pas partir sans autorisation, dit la fille aux yeux rouges.
— Tant pis pour ça, on préviendra tes parents que tu seras chez nous.
— Mais le personnel de l’hôpital va se rendre compte qu’il manque un de leur patient.
— Ta mère et ton père n’auront qu’à venir demain pour s’excuser d’avoir oublier de signer les papiers pour que tu puisses partir. Un mensonge dans le genre.
— Mais si... »

Mona ne lui laissa pas finir sa question. Elle s’arrêta et fit fasse à son amie.

« Tu peux rester si tu veux. Tu n’auras qu’à attendre que l’Armée Spéciale vienne te chercher pour t’emmener dans une de leur horrible prison. C’est ça que tu veux ? dit-elle d’un ton un peu sévère. »

Tia baissa les yeux.

« Mais mes parents m’ont toujours répété de suivre le règlement. Je ne dois pas me faire remarquer.
— Ils ne veulent pas non-plus qu’il t’arrive quelque chose. Ils seraient terriblement malheureux s’ils apprenaient que tu t’étais fait prendre par les soldats. Allez viens. Il ne t’arrivera rien avec moi. »

A ces derniers mots, Tia redressa la tête avec un pâle sourire et suivit Mona. Elles traversèrent prudemment les couloirs pour ne pas attirer l’attention des infirmiers encore en service. Durant tout le trajet, Tia était restée agrippée au bras de la Rivèrienne. Elle avait peur. Elle avait rarement transgressé le règlement et même si elle savait que c’était pour son bien, ça ne la mettait pas à l’aise. Toute sa vie, la jeune fille avait suivit la seule règle dictée par ses parents : ne pas se faire remarqué. C’est pour ça qu’elle a toujours suivit le portrait de la fille modèle. Si elle était polie, serviable et de bonne volonté, et travaillait bien, elle savait que l’on ne l’embêterait pas. Personne ne s’intéresserait à elle, ni à sa vie. Car aucun individu ne doit savoir qui elle est réellement, qu’elle est différente. Mona le savait maintenant et disait être comme elle néanmoins, pouvait-elle vraiment lui faire confiance ? Tia se savait liée avec cette fille mais par quoi au juste ? Depuis qu’elle l’avait rencontrée, sa vision des choses avait été assez bouleversée. Elle pensait être la seule avec sa famille à ne pas être normal, un Humain. Tia avait dut mal des fois à se faire à l’idée de faire partie de cette race qui habitait avant cet archipel, les Passidiens. Cependant, elle savait aussi qu’elle n’était pas comme eux non plus.
Après quelques minutes, les deux jeunes filles arrivèrent dans le hall d’entrée sans s’être fait remarqué. Jim était resté là à attendre sa meilleure amie et ne fut pas surprise de voire la Flammirienne à ses côtés.

« J’étais sur que c’était elle ton truc important, dit-il.
— Que veux-tu, on peut rien te cacher. »

Dés qu’ils furent sortit de l’établissement, Mona quitta sa chaise roulante s’appuya sur l’épaule de Jim ayant encore assez mal à sa jambe. Ils expliquèrent à Ma-Rita la raison de la présence de la Flammirienne. La gérante compris et leur montra où ils étaient garés. En entrant dans la voiture de Clovice, Tia se rendit compte qu’elle avait bien fait de suivre Mona. Car quelques minutes après, des hommes de l’Armée Spéciale entrèrent dans l’hôpital, des mallettes remplies d’objets bizarres en main.
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