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 Confession d'un homme de main

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Ethan.J.Hawkins
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MessageSujet: Confession d'un homme de main   Sam 10 Sep - 4:38



Résumé :



_Brent, l'homme de main d'un gang du New jersey, voit son contrat se terminer lorsque son groupe tente de l'éliminer après avoir tuer son mentor et meilleur ami, Ian Green, devant ses yeux. Réussissant à échapper de justesse aux caïds, Brent se retrouve par la force des choses dans l'appartement d'un jeune garçon, Riley, qui vit seule avec une mère jamais présente. Le laissant se cacher chez lui, Riley va se lier d'amitié avec ce voyou dont il ignore tout. Bien décidé à venger la mort des assassins de son meilleur ami, Brent va tomber sur une pièce cachée qui appartenait au père du garçon, ancien commando mort sur le terrain. Cette pièce détient une énorme artillerie dont le propriétaire faisait la collection. Ayant de nouvelles cartes en main, il mettra tout en œuvre pour accomplir sa vengeance et mettre un terme au grand banditisme qui règne dans cette ville.


Dernière édition par Ethan.J.Hawkins le Sam 10 Sep - 5:19, édité 2 fois
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Ethan.J.Hawkins
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MessageSujet: Chapitre 1   Sam 10 Sep - 5:10

1








Le vieil homme en blanc le rattrapait mais Brent continua sa course, en oubliant par moment que son chargeur ne contenait plus qu'une seule balle. Il était ce genre d'individu à agir avant de réfléchir et de perdre avant d'avoir renoncé. Ne se doutant pas encore que sa vie ne tenait plus qu'à un fil – et que ce fil était entre les mains du vieil homme – il s'imagina un nouvel échappatoire. Le costume blanc pâle de son chasseur, dont les manches étaient imbibées de sang et de quelques particules de terres – provenant d'une lutte à main nue – se recouvrait d'eau. La pluie ne cessait de tomber, rendant la route glissante. L'octogénaire ne perdait pas la face et avançait, quoi qui lui en coûte, suivant sa proie sans relâche. Sa chevelure grisâtre qui se trempait d'eau et de sueur trahissait son âge sans le rendre aussi vieux qu'il l'était réellement. Son visage ressemblait plus à celui d'un père un peu trop âgé mais gardant des traits forts et virils.
Dépassés le boulevard, ils entamèrent une nouvelle chasse en pleine rue, heurtant la foule sous leurs pas maladroits. Brent avait du mal à comprendre la situation. Tout arrivait si vite. Dans le segment de route vers Weird Street, Brent se fatigua et ralentit sa course jusqu'à se laisser dépasser par le vieil homme infatigable. Il tenta de se camoufler entre les stands des commerçants dont la rue regorgeait en abondance. Passant étroitement entre les passants et les articles suspendus sur des présentoirs instables, il renforça son camouflage. Le vieil homme suivait la rue à son tour sans même réussir à identifier où se trouvait sa cible dotée d'une force insatiable. Tentant une nouvelle accélération qui lui permettrait de l'attraper, il n'eut aucune crainte de le saisir devant des centaines d'yeux incrédules.
Une femme cria.
Brent venait de heurter son sac à main. Le bras de la pauvre femme s'accrocha à la bandoulière, ce qui la fit valser dans les airs. Il continua cependant de courir sans se retourner. Deux hommes qui se trouvaient non loin d'elle s'approchèrent pour lui venir en aide. Le vieil homme assista quelques secondes à cette scène lorsqu'il vint à passer à leurs côtés. Un des hommes tenta de le stopper – persuadé que cette chute était aussi causée par son insouciance – mais n'y arriva pas. Il ne se laissa pas distraire pour autant et s'engagea dans une nouvelle rue, cette fois-ci envahie par la circulation. Des voitures, des motos, des camions, et mêmes des bus, dont les passagers venaient de terminer leur interminable journée de travail, tardaient à rentrer chez eux pour oublier cette journée désastreuse, gravée par ce temps de chien. Si il y avait bien une chose dont les habitants du New Jersey avaient en horreur après la hantise du travail au bureau, s'était bien le climat du nord-est. Ce climat où tout vous paraît continuellement sombre et déprimant
La route était d'autant plus glissante qu'elle en était dangereuse. Cédant le passage à un bus qui s'engageait sur la voie, Brent frôla de se faire écraser, provoquant le bruit assourdissant du klaxon de ce poids lourd. Passant ainsi entre plusieurs voitures – dont une où il finit sur le capot avant d'en glisser sur le sol froid et humide – il réussit à prendre un avantage démesuré sur le vieil homme qui hésita à faire de même, voyant la conduite trop agressive des conducteurs. Ne voulant pas perdre la face aussi rapidement, il sortit son arme – qui se trouvait être aussi blanche que son costume – et tira plusieurs coups de feu sous les cris terrifiés des passants. Il dégaina jusqu'à en vider son chargeur. Brent ne céda pas et continua de se faufiler dans cette longue rue truffée à nouveaux de piétons.
Brent courut sans vraiment y arriver, cédant le pas par moment de fatigue. Aucune issue ne s'offrait à lui mais il ne renonça pas. Il dépassa la rue, puis la suivante, jusqu'à ce qu'il eut l'impression d'être sortit d'affaire. Il se reposa un instant, agrippant ses mains à ses genoux et reprenant le plus rapidement possible sa respiration. Son regard ne lâchait pas la foule au cas ou il réapparaitrait, brandissant son flingue avant de lui faire sauter le caisson. Puis, se sentant enfin en sécurité, il s'écroula au sol. Il agrippa sa tignasse brune trempée par la pluie qui lui coulait le long du visage et se sentit vivre à nouveau. Il ôta sa veste et laissa apparaitre un débardeur blanc qui lui dessinait un corps fort et robuste. Dans le bas du ventre, une marque de sang dessinait une auréole qui ne le rassura pas. Il compressa la blessure mais la douleur en était insupportable. Si le vieil Homme venait à réapparaître soudainement, s'en serait finit pour lui. La force qui lui parcourait les jambes depuis déjà vingt bonnes minutes venait de se dissoudre. Il n'aurait plus le courage de continuer, se laissant abattre de sang froid par une rage incontrôlée.
Brent ferma un instant les yeux. Il réfléchissait à la situation actuelle, se demandant comment tout avait pu arriver. En se creusant la cervelle, seule le nom d'Edgar Gibbons lui revint en mémoire, sans la moindre raison. Pourquoi, s'il venait à mourir ici dans cette rue, ce devait être à lui que sa mémoire céderait ? Brent n'eut jamais d'amis, seulement des connaissances avec qui il travaillait ou des mentor qui lui ont permis de se forger dans ce métier impitoyable. Mais Edgar n'était rien pour lui. Absolument rien.



Deux heures plus tôt



Burlington (New Jersey)

La pluie était annoncée dans l'après-midi mais seules de gros nuages noirs survolaient le ciel du New Jersey. L'air était humide et glaciale. Deux hommes vêtus de costumes noirs, l'un coiffé d'un nœud dans les cheveux et l'autre d'une masse de gel qui plaquait le tout, se rebiquant par l'arrière, surveillaient l'entrée d'un immeuble dont la façade était bâtie de murs anciens.
L'un d'eux tourna la tête, montrant ostensiblement une oreillette de couleur noire, et observa une voiture qui montait la rue, se dirigeant de manière lente vers leur direction. Les deux hommes restèrent droits, et attendirent l'appel de leur mentor, Ian Hensen. La voiture s'arrêta enfin à leur niveau et deux hommes en sortirent avant d'entamer le chemin que menait vers l'entrée d'un immeuble.
Ils marchaient tout deux en prenant leur temps. « Tu ne comprends donc pas où je veux en venir ? Dit l'un d'eux d'une voix théâtrale.
- Il s'est jeté de l'immeuble et s'est écrasé sur son tueur ?
- Ce n'est pas tout ! Il était le seul à connaître la combinaison du code, et sans ce code, le coffre n'avait aucune chance d'être ouvert.
- Attends, tu veux dire que cette histoire s'est réellement passée et qu'il y a plus de trois millions de dollars qui moisissent sans personne pour le dépenser ? » S'exclama le vieil homme qui suivait la démarche flegmatique de son compagnon, gardant un air incrédule. « Ca faisait trois ans que Dias voulait se débarrasser du grand Morriati, mais étant le pilier du trafique de stupéfiant le plus important du nord-est, il ne pouvait le faire lui même. Il s'est donc assuré qu'une personne étrangère au mouvement s'en charge.
- Mais pour ce qui concerne l'argent alors ?
- Eh bien, il devait faire en sorte de lui faire cracher le code avant d'appuyer sur la gâchette et...
- Et de lui faire sauter le caisson, lui coupa Brent en laissant Ian planté en plein milieu de sa phrase. »
Entrant dans l'immeuble, une personne d'une soixantaine d'année, vêtue d'un costume identique au leur, arriva devant eux pour leur retirer leur manteau. Ils continuèrent leur marche jusqu'à arriver dans la cage d'ascenseur. Du bout de son index osseux, Ian appuya sur la touche du septième étage et les portes se mirent à se fermer quelques secondes après. Une troisième personne, d'allure plus civile, accourut pour retenir les portes au dernier moment et entra à son tour. Les deux hommes restèrent de marbre face à la tactique de cet individu qui appuya lui sur la touche du dernier étage. Les portes se refermèrent, et cette fois-çi, sans aucune interruption. Imperturbable, Ian continua sa conversation.
« Donc comme je te le disais (il poursuivit en chuchotant), Dias l'avait engagé pour s'occuper de l'oseille ainsi que de Morriati.
- Pourquoi ne pas le laisser vaquer à ses occupations sans avoir à l'éliminer ? Je veux dire... Mis à part qu'il occupait la meilleure place du grand banditisme, il n'était d'aucune gène. Et par ailleurs, Morriati (le troisième homme tourna légèrement la tête en entendant prononcer le nom du célèbre rital) défendait le mouvement de tous les autres truands. Il était comme notre ange gardien qui veillait gentillement sur nous.
- C'est là que tu te trompes. Morriati était effectivement une personne en or pour le mouvement mais ce que t'ignore, et que Dias ignorait jusqu'à ce jour, c'est qu'il prenait un pourcentage sur toutes les transactions. »
L'ascenseur en était presque au bout quand le troisième homme posa sa main à l'intérieur de sa veste. Brent et Ian reconnaissaient – par habitude sûrement – ce mouvement comme un processus évident à une attaque imminente. Ne leur laissant pas finir leur conversation, il les interpella d'une voix douce, presque paternelle. « Auriez-vous l'heure messieurs ?
Mais bien sûr. »
Ian dégagea la manche de son bras et laissa apparaître une montre relexe, couleur or, dont le bracelet d'un acier gris métallisé faisait ressortir la luxure du bijou. Il regarda le cadran puis le tapota. « Je suis vraiment navré. J'ai l'impression qu'elle m'a lâchée.
- Ce n'est pas grave, je pense être en retard de toute façon, » répondit l'homme en perdant sa garde.
- Mais je peux voir sur mon téléphone, attendez... »
Ian passa la main dans sa veste et en sortit un revolver qu'il tendit contre la nuque de son interlocuteur qui venait de tourner sa garde. Il appuya sur la gâchette, provoquant alors une giclée de sang dans toute la cage d'ascenseur. Le bruit était assourdissant mais les deux hommes ne bougèrent pas (encore par habitude). Les portes s'ouvrirent enfin et l'homme, qui se trouvait à présent accroupi devant eux, tomba comme une marionnette désarçonnée.
« Encore un homme de main on dirait, lança Ian qui reposa l'arme dans son veston. Aucun n'est aussi bon que nous.
- Il ne faudrait pas que ça en devienne une habitude dans le milieu. »
Ils longèrent un couloir vide, tapissés de cadres représentant des photos de dessins farfelus, comme ceux qu'on peut voir sur des tableaux d'artistes peintres dans un vernissage d'art contemporain, le genre de tableau que seul un initié aurait pu comprendre la subtilité. Il s'avancèrent, connaissant les lieux par habitude.
« Mais pour ce qui est du pourcentage...
- Du pourcentage ? Demanda Dias, perturbé par la longueur d'une conversation interminable.
- Morriati.
- Ah ! Oui, bien sûr. Il se sucrait en prenant dans nos actions et bien sûr on y voyait que du feu. Sauf qu'il avait omit un seul détail. Le seul détail capable de faire la différence.
- Et qui est ?
- Eh bien... Toutes les transactions se faisaient à l'étranger sur un compte commun, celui de Dias qui était aussi au nom du mouvement.
- Sous un pseudonyme. » Rajouta Brent.
« Exactement ! Et Dias avait un œil sur tous ses comptes, et surtout sur celui là précisément. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que ce vieux rital piquait dans notre cagnotte.
- Et l'homme de main, d'où il venait ?
- Qu'en sais-je après tout... C'est un homme de main. Certains préfèrent que leur identité reste secrète. Il utilisait un pseudonyme ridicule, un camouflage en quelque sorte. Il se faisait appeler E.G. si mes souvenirs sont bons... Tu sais, à mon âge tout se brouille. J'ai parfois l'impression que mes souvenirs disparaissent, comme si mon passé s'envolaient avec mes années. J'ai beau avoir de l'argent, je ne peux pas ralentir le temps.
- Tu auras bien vécu mon vieux. Profite des derniers moments. Peut-être même les meilleurs qui sait !
- Mais il est parfois trop tard pour en profiter.
Devant eux se trouvait une porte dont la vitre centrale, encastrée dans un bois cirée, comportait en lettre capitale le nom de David Collins, un directeur en marketing accro aux amphétamines. Il n'était pas un client potentiel, juste une sous merde rempli de dettes qui se servait sans payer. Et ça, au sein du mouvement, c'était intolérable.
Les rires d'une femme se faisaient entendre de l'intérieur du bureau. Elle pouffa à s'en exploser la gorge, une autre personne la suivant (sans doute était-ce David), rigolant d'un timbre plus caverneux.
« Par moment, je me demande si chaque nouvelle affaire ne sera pas ma dernière », annonça Ian, planté devant cette porte, n'osant pas encore frapper. Ils attendirent, préparant un meilleur moment de surprise. L'effet de surprise est une chose importante dans ce milieu. Si une personne venait à frapper à votre porte, vous lui ouvrirez et ce ne serait qu'un acte banale. Mais si vous trouvez cette même personne dans votre canapé en pleine nuit, tapie dans l'ombre, alors l'impacte serait immédiat. Il faut savoir faire preuve d'ingéniosité – voilà une des nombreuses technique que lui aura appris Ian au cours de toutes ces années à travailler ensemble. Ce métier est un art. Apprends le correctement, saisis l'essence qui en résout et deviens le meilleur. Le minimum, même s'il te paraît suffisant, ne fera de toi qu'une carcasse de plus, gisant dans un des trottoirs de la ville.
« Je vais te dire mon vieux, j'en ai marre de faire dans l'originalité. Et si on frappait sans faire d'histoire ?
- Tu me surprendras toujours tu sais. » Rétorqua Brent avant de porter deux coups à l'aide de son index sur la vitre. La femme qui riait quelques secondes avant ouvrit la porte presque instantanément. Ses yeux épièrent les deux hommes sans qu'aucun d'eux ne brisa la glace.
« Et vous êtes ? » Demanda-t-elle enfin, comme méprise d'une conversation coupée. « Nous sommes venus pour parler avec Mr Collins.
- Je suis désolée, il n'est pas disposé à vous recevoir de suite. Prenez donc rendez-vous. »
Les deux hommes ne dirent rien.
« Mais il est au courant de notre venue.
- Jane ?! Qui est-ce ?
- Deux personnes qui souhaiteraient s'entretenir avec vous. Désirez-vous que je les fasse partir Mr Collins ?
- Faites les donc entrer voyons ! »
Elle s'exécuta, et les deux hommes, fièrent de leur prestation, entrèrent dans un bureau qui commençait à leur être familier. Ces visites de courtoisies commençaient à les exténuer, aussi sympathique était ce bonhomme.
David les recevait un verre de bourbon à la main. Il ne l'éclusa pas comme l'aurait fait les grands caïds qu'ils avaient l'habitude de côtoyer mais le bu goutte à goutte, comme pour profiter encore et encore de ces saveurs. « Jane, ma chérie, veuillez nous laisser s'il vous plait. Et fermez la porte derrière vous. » La jeune Jane, emprise du pouvoir qu'exerçait le charme fou de son patron sur elle, lui obéit et s'en alla. Ils n'étaient plus que trois dans la pièce et les deux hommes s'assirent sans y avoir été invités. David ne dit rien, restant debout, son verre toujours en main.
« Je sais ce que vous allez me dire, et vous avez raison. Ca fait déjà plus de trois mois que Dias aurait dû recevoir l'argent. Mais que voulez-vous ? Les fins de mois sont difficiles pour moi aussi. Nous sommes tous prisonniers dans cette impasse, et l'argent ne coule plus à flot comme à la vieille époque. N'est-ce pas ? » Ajouta-t-il d'un clin d'œil comme pour les prendre à témoin afin de prouver ses dires. « Il n'en a rien à foutre de ce que tu penses. Il veut son argent et il l'aura.
- Vous me faites quoi les gars là ? On est amis non ?
- La fois précédente on t'avait prévenu que c'était la dernière. Et ce sera donc la dernière fois qu'on aura à venir dans ton petit bureau miteux.
- Attendez... (David posa son verre et s'assit sur son fauteuil). Mais moi je n'ai pas l'argent. Je n'ai pas ce foutu oseille ! Vous comprenez bande de trou du cul !Et puis d'abord, si Dias veut son fric, qu'il vienne le chercher lui même, comme un homme ! »
Si Brent avait retenu une chose essentiel tout au long de son enseignement, c'est qu'une personne qui perd le contrôle va automatiquement se mettre sur la défensive. Il se sentira ainsi dominant, sans l'être réellement. Garder son sang froid, quoi qu'il se passe.
« On va faire une chose. » Commença Ian. « Je vais m'allumer une cigarette et la fumer comme ça, sans dire un mot. Une fois celle-çi terminée, je veux que l'argent se trouve devant moi et nous repartiront bien gentillement. Bien sûr, il faudra par la suite que tu te trouve un autre vendeur car la maison en a marre de tes conneries. » Ian sortit un paquet de Chesterfield dont le contenu était pratiquement vide et en alluma une. Il en inspira une profonde bouffée qu'il garda un petit moment dans ses poumons avant de la recracher. David resta de marbre, ne sachant pas comment procéder. Il se sentait piégé. Plus aucune issue n'était possible et se résigna à les amadouer par des stratagèmes qui rendaient cet être encore plus répugnant et détestable.
La cigarette se consumait. David avait l'impression d'entendre le papier se dissoudre à chaque nouvelle bouffée que Ian respirait à plein poumons. « Attendez ! J'ai une idée ! » Lança David, perdant tous ses moyens. « Et si je vous payais en plusieurs mensualités ? Disons... Attendez voir... Une mensualité en trente semaines. Qu'en penses-tu ? Et comme ça, tout le monde sera gagnant ! » Ian n'en plaça pas une, Brent le suivant dans sa tactique. L'impatience de David était à son comble. Son front était imbibé de sueur qu'il tenta d'essuyer avec la manche de sa chemise.
Le temps s'écoulait.
« Bon, très bien... Tuez-moi alors ! Vous ne savez faire que ça, bande d'incapable ! Mais regardez vous, vous n'êtes rien ! »
Ian tira enfin sa dernière latte. « Je vous en supplie ! Oubliez ce que je viens de dire, c'était sous l'impulsion de la colère. Vous savez ce que c'est... Puis on est en bon terme avec Dias, je l'apprécie énormément. Il est comme un père pour moi. Il ne va pas tuer un fils quand même ! »
Ian écrasa sa cigarette sur la moquette grise en y faisant une marque noire indélébile. David se recoiffa à l'aide de sa main et arrêta de parler. « Bon. Je pense que l'heure est arrivé, annonça Ian d'un ton singulier. As-tu l'argent ? »
David se leva de son fauteuil et ouvrit la bouche sans émettre un seul son.
Dans l'avenue qui jonchait l'immeuble, un couple de touristes passaient, leurs appareils photos en main. La circulation était dense dans cette rue et ils entamèrent une pause qui consistait en une étreinte amoureuse, symbole de leur amour. La femme pris son appareil et cadra le portrait presque pathétique d'une photo sans originalité. Leurs sourires étaient presque hypocrites. La femme s'arrêta sur l'objectif, interpellé par un cri. Ils levèrent tous deux la tête et leur regard se figea. Un homme tombait d'une des fenêtres de l'immeuble avant de s'aplatir au sol, non loin d'eux. Le bruit se ressentit comme un son muet. Le son fut court et direct. Les deux jeunes amants restèrent immobiles devant cette scène macabre, l'appareil toujours en main.
Ian et Brent regagnèrent leur voiture. Javier, leur chauffeur, les attendait à l'entrée. La pluie se mit à tomber sur le pare brise et je jeune chauffeur espagnol enclencha les essuies glace avant d'allumer le contact. Il démarra et ils repartirent, le bruit d'une sirène au loin.
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